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Chapitre 7 - Le matérialisme : impasse ou voie royale ?

       Après l’importance qu’a pris le matérialisme, depuis le 17ème, 18ème, 19ème et surtout 20ème siècles, la question peut se poser de la compatibilité de cette (ou de ces) doctrines avec l’Initiation, chemin du Divin, ou bien plus simplement : Le matérialisme est-il une Voie ?

       Avant de savoir s’il peut être favorable, ou néfaste, ou indifférent à l’Initiation, il est bon de savoir exactement ce que matérialisme veut dire. C’est pourquoi l’analyse des diverses définitions (voir annexe) est indis­pensable.

       Après avoir lu cette annexe, nous pouvons commencer : si, pour adhérer au matérialisme, nous devons nier toute puissance ou toute action de l’Esprit sur la matière, ou nier purement et simplement l’Esprit, effective­ment nous tombons dans une impasse ; rien ne peut nous relier au Divin.

       A noter que tout aussi négative est la doctrine de certains idéalistes qui, niant toute valeur à la matière, veulent considérer l’homme comme un pur esprit.

       Si nous prenons un exemple chez les scientifiques, le matérialisme a été de règle absolue pour la quasi-totalité d’entre eux et l’est encore actuellement. Pourtant, au plus haut niveau, les savants qui sont allés très loin dans les connaissances sur la matière, s’aperçoivent toujours qu’au-delà du terme, il y a toujours quelque chose qui ne serait pas de la matière !

       Aucun savant n’a encore pu expliquer ce qu’est la vie, pourquoi une microscopique cellule vivante, composée de matières bien identifiées (protéines, lipides, glucides...), est capable de se diviser, mue par quelle force ? Et suivant quelle mémoire ? Et capable de reconstituer un être vivant complet, avec toute sa diversité : chair, os, organes, nerfs, et même cerveau capable de penser !

       Actuellement, plusieurs scientifiques, peut-être de plus en plus nombreux espérons-le, pressentent ou même reconnaissent une force non matérielle que certains hésitent encore à appeler Esprit, ou même... Dieu ?

       C’est pourquoi il y aurait une possibilité d’accorder le bénéfice du doute au matérialisme : Faut-il aller jusqu’au bout du matérialisme, et surtout aller au-delà, pour rencontrer l’Esprit ? Ce qui serait en quelque sorte une voie longue (et même extra-longue !) de l’Initiation.

       Devant tout cela, où se situe donc l’Homme ?

       Sa voie est la Voie du Milieu : participant de la matière et de l’Esprit,

       Il doit les reconnaitre l’une comme l’autre en lui, les unir sans les confondre comme le précise notre rituel du R.I.T.E., ceci au travers de la Connaissance, 3ème terme reliant matière et Esprit de façon harmonieuse, sans donner de prépondérance (le Tao, lui aussi conseille de toujours maintenir l’équilibre entre tous les éléments : bois, fer, feu, eau, air).

       La Connaissance commence par le « connais-toi toi-même » de Socrate. Dans la Voie traditionnelle que nous suivons, c’est le premier travail de l’Apprenti en Loge que lui enseigne la formule V.I.T.R.I.O.L.. Tous les symboles proposés à l’Apprenti ont une forme matérielle : les outils, la pierre brute, les colonnes ; l’Initié garde le contact avec la matière pour accéder par anagogie au spirituel : « ... et tu connaitras les Dieux ».

       Au grade de Compagnon, la matière est toujours présente, au travers de formes plus élaborées, plus ésotériques : l’Etoile, la Pierre Cubique, les 5 Corps Platoniciens..., sur lesquelles il doit encore travailler pour apprendre « l’usage de la Parole qui modèle la matière », pour apprendre le Verbe Créateur, en Chambre de Compagnons.

       A la Maîtrise, la matière est encore présente, mais elle est devenue « materia prima », la matière première affinée, épurée, débarrassée de toute scorie, qui peut alors être soumise à la transmutation dans l’Athanor, dans la Chambre du Milieu, pour devenir l’Or Alchimique, la richesse de l’Esprit.

       A noter qu’à chaque Grade, le travail individuel est apporté au feu de la Communauté, Chambre d’Apprentis, Chambre de Compagnons ou Chambre du Milieu, pour que la matière du travail soit transmutée en Esprit de la Communauté.

       Aux 3 degrés de l’Initiation, les inconciliables matière et Esprit sont toujours et partout présents tous deux ; à l’Initié de les réconcilier par la voie de la Connaissance, à l’Initié d’incarner le Verbe (« le Verbe s’est fait chair »).

 

MATERIALISME — Annexe      

       II convient, avant toute chose, semble-t-il, de définir aussi précisément que possible ce que l’on entend par matérialisme. Le Larousse consulté nous indique :

Matérialisme :     1) Doctrine qui affirme que rien n’existe en dehors de la matière et que l’esprit est lui-même entièrement matériel.

                         2) Manière de vivre, état d’esprit orientés vers la recherche des plaisirs et des satisfactions matériels.

       Le matérialisme est un courant philosophique qui remonte à l’Antiquité (Démocrite, Epicure, Lucrèce). II repose sur l’idée que la matière constitue tout l’être de la réalité. Le matérialisme nie tout dualisme entre une Création et un Créateur, entre le corps et l’âme, et fait de la pensée un phénomène matériel. Renouvelé par le libertin du 17ème  et l’invention de  la physique mathématique (Galilée, Newton), le matérialisme est largement diffusé par les philosophes du siècle des Lumières (Diderot) dans une perspective plus physiologique (d’Holbach, La Mettrie) ou plus sociale (Helvetius).

       Le matérialisme historique, défini par Marx, inscrit dans l’histoire de l’homme les concepts atemporels du matérialisme antique : l’histoire, qui a pour moteur la lutte des classes, est constituée par l’ensemble des modes de production apparus ou à venir ; le mode de production conditionne les modes de vie, sociaux, politiques, intellectuels ; c’est donc l’être social de l’homme qui détermine la conscience, et non l’inverse.

       II s’ensuit que :

       L’usage courant du mot matérialisme exclut : 1 °- toute antithèse dualistique entre les fins de l’âme et les fins de la vie biologique ; 2°- toute croyance à des âmes individuelles et séparées, susceptibles de préexistence, de survivance ou de transmigration.

       Si l’on consulte maintenant le « Vocabulaire Philosophique » de Lalande, on trouve les définitions suivantes :

       Matérialisme historique : Terme créé par Engels pour désigner la doctrine de Karl Marx, d’après laquelle les faits économiques sont la base et la cause déterminante de tous les phénomènes historiques et sociaux.

       Matérialisme dialectique : L’opuscule de Staline, intitulé « Le matérialisme dialectique et le matérialisme historique », contient une définition méthodique et analytique de ces expressions. Nous en extrayons les passages qui nous ont paru les plus caractéristiques en ce qui concerne la première.

       Le matérialisme philosophique marxiste est caractérisé par les traits fondamentaux que voici :

       a) contrairement à l’idéalisme (idéalisme est à prendre ici dans le sens d’une pensée spirituelle) qui considère le monde comme l’incarnation de l’idée absolue, de l’esprit universel, de la conscience, le matérialisme philosophique de Marx part de ce principe que le monde, de par sa nature, est matériel, que les multiples phénomènes de l’univers sont les différents aspects de la matière en mouvement ; que les relations et conditionnements réciproques des phénomènes, établis par la méthode dialectique, constituent les lois nécessaires de développement de la matière en mouvement ; que le monde se développa suivant les lois du mouvement de la matière, et n’a besoin d’aucun esprit universel.

       b) Contrairement à l’idéalisme, affirmant que seule notre conscience existe réellement, que le monde matériel, l’être, la nature, n’existent que dans notre conscience, dans nos sensations, représentations, concepts, le matérialisme philosophique marxiste part de ce principe que la matière, la nature, l’être, sont une réalité objective existant dehors et indépendamment de la conscience ; que la nature est une donnée première, car elle est la source des sensations, des représentations, de la conscience, tandis que la conscience est une donnée seconde dérivée, car elle est le reflet de la matière, le reflet de l’être ; que la pensée est un produit de la matière, quand celle-ci a atteint dans son développement un haut degré de perfection ; plus précisément, la pensée est le produit du cerveau, et le cerveau est l’organe de la pensée ; on ne saurait, par conséquent, séparer la pensée de la matière sans tomber dans une erreur grossière.

       c) Contrairement à l’idéalisme, qui conteste la possibilité de connaître le monde et ses lois, qui ne croit plus à la valeur de nos connaissances, qui ne reconnait pas la vérité objective et considère que le monde est rempli de choses en soi qui ne pourront jamais être connues de la science, le matérialisme philosophique marxiste part de ce principe que le monde et ses lois sont parfaitement connaissables, que notre connaissance des lois de la nature, vérifiée par l’expérience, la pratique, est une connaissance valable, qu’elle a la signification d’une vérité objective, qu’il n’est point dans le monde de choses inconnaissables, mais uniquement des choses encore inconnues, lesquelles seront découvertes et connues par les moyens de la science et de la pratique.

       Voici donc défini par des spécialistes en la matière – c’est le cas de le dire ! - le concept de matérialisme. Il faudra cependant relever que Staline n’a pas une notion juste de ce qu’il appelle l’idéalisme, terme que l’on doit comprendre dans le sens de pensée concevant le monde sur une base spirituelle. 0ù a-t-il vu que cette pensée spirituelle dont nous nous réclamons conteste la possibilité de connaître le monde et ses lois ? (il est vrai qu’il n’a pas dû être initié ni se poser de questions sur la façon dont les Egyptiens, par exemple, ont construit leurs temples ou leurs pyramides, ou que les Francs-Compagnons ont édifié des cathédrales, tous ces monuments en parfaite et achevée expression de la Loi d’Harmonie cosmique). Où a-t-il vu que notre pensée pouvait être sectaire, partielle et limitative en refusant de reconnaître la vérité objective ?

       C’est bien évidemment l’inverse qui se produit et c’est la pensée matérialiste qui est partielle - et partiale -, limitée et fragmentaire en n’envisageant que des aspects limités de la manifestation, relatifs à la matière.

       De par sa nature même et de ses déclarations de principe, le matérialisme refuse toute autre dimension au monde que celle de matérielle, affirme que la pensée n’est que le reflet de la matière et n’a pas d’existence ou de support en dehors de cette dernière. Donc, l’Esprit qui n’est pas quantifiable, ne saurait avoir d’existence ! La trilogie sacrée, Corps -Ame – Esprit, ne saurait ainsi avoir de fondement. Comme nous l’avons vu précédemment nous sommes ici en plein dans le monde de la dualité, de la pensée binaire, de la domination du mental, tout cela emprisonnant l’homme dans une forme de nihilisme dont le tristement célèbre Jean-Paul Sartre s’était fait l’apôtre. Cela a conduit au socialo-communisme avec toutes les conséquences sociales, économiques, éthiques,… que l’on connaît.

       Cela a marché de pair avec la pensée scientifique que nous avons étudiée précédemment, basée sur l’approche discursive et analytique des phénomènes et profondément attachée à la pensée binaire (ne nous plaignons pas, cependant ; ce concept binaire est à la base de toute l’informatique. La dualité, qui est bel et bien une réalité ici, a quand même quelquefois d’heureux résultats).


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