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Perpendiculaire

         Encore un outil de constructeur, en relation avec notre tradition occidentale de bâtisseur.

         Le viatique dit que le bijou du Second Surveillant est une perpendiculaire, et qu’il s’agit d’un outil servant à déterminer la verticalité d’une partie d’édifice. Fil à plomb et perpendiculaire sont en fait deux termes symboliquement synonyme (« perpendiculum » en latin, signifie fil à plomb). Le deuxième terme n’est que l’abstraction de l’autre.

Un des outils du tableau de loge

         Par conséquent, conceptuellement, c’est avant tout un des outils du Grand Architecte pour créer. Plus même, le fil à plomb n’est pas un outil que manie l’apprenti, ni même un autre frère, à aucun moment rituel, à l’exception du Vénérable Maître lors du rituel de consécration du Temple.

         Cependant, le fil à plomb est le bijou du Second Surveillant. C’est à dire qu’il y a assimilation de l’un à l’autre ; l’outil est le symbole de la fonction. Elle lui permet de pénétrer le haut comme le bas, de rendre l’initié droit et de lui conférer la rectitude. Ainsi le Second Surveillant peut-il éveiller et veiller à la pureté de la réalisation initiatique.

Le peson

         Autrefois, il était en pierre et en forme de cœur. Autrement dit, le fil à plomb mesure la justesse de cœur de l’initié et sa capacité à participer à l’élévation du Temple selon le plan des maîtres.

La verticalité

         La verticalité est un symbole d’ascension. Elle permet à l’homme d’être debout. Il faut rappeler que le néophyte entre dans le Temple par une porte étroite et basse ; il est courbé et se redresse par la magie de la perpendiculaire.

         « Vertex », en latin, origine de verticalité, signifie sommet. Le fil à plomb indique donc le zénith ; et la hauteur de la Loge est du zénith au nadir.

         L’initié, en se redressant, élève graduellement (selon les grades) son cœur, sa conscience. « Elevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se tournent vers la lumière » dit le Vénérable Maître à l’ouverture des travaux.

         De la même manière, nous participons à l’élévation du Temple.

         Plus précisément encore, la verticalité indique le lien entre la terre et le ciel. « Que rien ne sépare jamais le ciel de la terre », dit un rituel, en cohérence avec la célèbre phrase d’Hermès Trismégiste (« ce qui est en haut est comme ... »). La perpendiculaire est le lien qui unit l’initié à la terre et au ciel ; elle permet de pénétrer le haut comme le bas, de rendre l’initié droit et de lui conférer la rectitude.

La rectitude

         La rectitude est la qualité de ce qui est droit ; elle correspond donc bien à la perpendiculaire. Ce qui est en rectitude tient debout ; l’initié est un homme de tenue et dans le Temple il participe à des tenues. Il est un homme de devoir. Chaque frère reçoit des fonctions à assumer, et chacune comporte des devoirs qui doivent passer avant toute autre chose. Le devoir est une liaison avec l’universel.

         Sur la voie, il faut traquer toute recherche de profit. Tous nos problèmes viennent du désir de prendre, d’accaparer. L’apprenti, au silence, laisse le repos venir, la perpendiculaire descendre en lui et le relier ainsi à l’univers. On a tous des désirs, des ambitions ; mais ce sont de petits feux à sublimer pour les transformer en un seul feu ; et ce feu est la volonté initiatique qu’il faut diriger, c’est à dire mettre en rectitude.

L’axe cosmique

         La perpendiculaire est l’axe cosmique qui donne vie et cohérence à la Loge. Au grade d’apprenti, la Loge est perçue comme un cosmos (« le Temple est à l’image de l’univers »), et la science qui correspond à ce grade est l’astrologie. L’axe du monde donne cohérence à l’être et permet de percevoir l’activité céleste, d’entendre l’harmonie des sphères et la voix des étoiles, celle des Initiés Passés à l’Orient Eternel. Il donne le sens du centre.

         L’axe de l’univers est le moyeu invisible de la roue, ou le centre évidé des roses des cathédrales ; c’est la Tradition. L’apprenti apprend à s’axer et à ce que cet axe passe par le cœur de la Loge. Ainsi évite-t-il de dilapider ses forces et son désir.

         Par ailleurs, « vertex » signifie aussi pôle, quand il s’agit du ciel. Dans certaines Loges, le fil à plomb pend de l’étoile polaire au-dessus du Tableau de Loge. L’axe vertical est polaire, ou stellaire. Il relie d’une part le monde souterrain où résident les flots du « Noun », l’océan primordial des égyptiens, le monde de toutes les potentialités de l’univers, celui de l’incréé, et d’autre part le monde du ciel, de l’invisible où se déploie la création. C’est donc le lien entre les puissances qui sont à la source de la manifestation et le lieu de l’origine de la lumière céleste.

         Curieusement, mais le monde symbolique n’a rien à voir avec la rationalité, il y a toujours eu un lien entre le zénith et le nord. La polaire indique le nord ; l’axe vertical, en tant que joignant les pôles, se situe nord-sud. Le nord est le point le plus haut ; vers lui va la marche ascendante du soleil, du solstice d’hiver au solstice d’été. Il y a donc un lien entre le nord et l’origine de la lumière incréée, la source occulte de la lumière ; tel est le soleil du nord, couramment représenté dans toutes les traditions, à commencer par nos cathédrales. Et il y a un lien entre le nadir et le sud, le lieu de la réalisation de la lumière, le reflet lunaire de l’origine; telle est la lune du midi.

Une échelle a double sens de circulation

         Le fil à plomb se parcourt dans les deux sens, car il met en contact avec la création et avec le monde des origines. Ainsi l’être peut jaillir du centre qui supporte le ciel et la terre.

         S’il est ascendant, c’est l’axe de la transcendance, la sortie du divin vers le ciel. L’homme, en conscience, doit s’élever aussi haut que possible, mais seulement selon cet axe et non selon son bon vouloir.

         S’il est descendant, c’est l’axe de l’immanence, l’introduction du divin sur terre. L’homme, en conscience, doit descendre aussi loin que possible (cf. notamment VITRIOL), mais seulement selon cet axe et non selon son bon vouloir. Il faut réinsister ; la chute dans la matière, le péché, sont des inventions religieuses pour asservir les hommes, sans fondement spirituel. La descente est aussi sacrée et nécessaire que la montée.


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