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Chapitre 10 - L'homme peut-il se passer de Dieu ?

         Lorsque l’on parle de Dieu, on parle du sacré, c’est-à-dire de tout ce qui est relatif à une raison supérieure et qui nous dépasse. Pour les initiés que nous sommes une telle question ne peut être envisagée. En effet, l’initié ne saurait être un athée stupide.

         Aujourd’hui, Dieu correspond à un besoin de se rassurer que l’homme éprouve, de se sentir protégé par une puissance supérieure. L’initié doit se libérer de ce besoin d’assurance qui correspond à une fausse sécurité et à de faux dieux, pour se présenter en homme libre.

         L’individu peut se passer de Dieu. Dieu est alors nié ou au mieux, ignoré, à part éventuellement quelques vagues sacrifices aux rites pour se donner bonne conscience.

         La civilisation occidentale, en se mettant en œuvre et en vulgarisant puis diffusant la pensée matérialiste, a rejeté de plus en plus loin, jusqu’à sa disparition dans de nombreux cas, la pensée antérieure axée sur l’immanence de la déité. Cela a entrainé comme conséquence la perte des valeurs basées sur la certitude d’une entité supérieure à l’homme, entité d’ordre divin et éternelle.

         Ainsi se perd le sens du sacré. Actuellement, nous ne sommes plus dans une civilisation mais dans un agrégat de sociétés régies par des lois où tout fondement spirituel a disparu. Pourtant, même ceux que l’on considère comme les fondateurs de la pensée rationnelle, tels Newton ou Descartes, étaient conscients d’une dimension supra humaine de la Création. Le concept de ternarité - Corps, Ame, Esprit - était implicite à toute pensée, même scientifique. Mais aujourd’hui la pensée binaire a supplanté ce principe de ternarité. La pensée discursive, analytique, mathématique, basée sur le binaire, a donné ses lettres de noblesse au matérialisme et à son âme damnée, le profit. La gangrène est si profonde qu’elle a pourri jusqu’aux structures chargées de lui faire barrage. Les religions, notamment, dont les corps administratifs prédominent, ne cherchent que la domination des âmes là où cela est encore possible, et ensuite, l’accumulation des biens de ce monde.

         Ainsi l’homme évolue dans un contexte chaotique et peut effectivement, lui semble-t-il, se passer de Dieu. Le seul remède à ce désordre permanent est de participer d’une manière ou d’une autre à la lumière divine et de s’y relier. Pour celui qui chemine initiatiquement, la dimension sacrée est l’axe de sa vie. Une partie de lui-même est indépendante de sa matérialité et relève d’une dimension scientifiquement inconnue : celle de l’esprit.

         S’il fait vivre en lui sa part d’éternité, il ne peut connaitre réellement la mort. Il peut percevoir et approcher la notion du divin. Une des fonctions du divin est de lui faire percevoir de façon intuitive qu’il vit dans le monde, qu’il est généré à l’image du monde, mais qu’il existe un rattachement de son être à une dimension qui peut le transcender. C’est là une réalité intrinsèque qui distingue l’homme des autres règnes de la nature.

         Aujourd’hui, rien n’apporte de réponse satisfaisante devant la mort, ce qui engendre souvent crainte et angoisse. Mais celui qui refuse l’emprise totale du monde moderne ne peut qu’aller à la recherche d’autre chose pour combler une partie du vide qu’il sent confusément en lui ; car il ne faut pas oublier qu’une vie basée sur la seule matérialité ne peut aboutir qu’à une conception du néant après la mort. Devant une telle destinée, celui qui est authentiquement libre saura choisir son chemin. Devant tant de gâchis, l’initié reste confiant car il sait que l’homme porte en lui, d’une façon innée, la conscience non révélée de son origine divine. Einstein lui-même ne pouvait se passer de Dieu : « A la base de tout travail scientifique il y a une conviction qui accepte un monde fondé en raison, un monde intelligible ; elle est liée à un sentiment profond d’une raison supérieure se dévoilant dans le monde de l’expérience ».

         Voilà qui rassure. Mais beaucoup de philosophes, de gens d’église, de moralistes, de sages, n’ont pu endiguer la force destructrice de cette pensée binaire moderne. La pensée initiatique elle-même n’a plus aucune influence dans le monde actuel.

         Il est maintenant indispensable que l’initié se lève et prenne conscience du pont qu’il doit établir entre la pensée traditionnelle et la pensée scientifique. Tant que ce travail ne sera pas accompli, les hommes croiront pouvoir se passer de Dieu.

         Il ne faut pas exclure que la science arrivera aux ultimes tréfonds de la matière et, à cet instant, constatera, ce qui commence à arriver aujourd’hui, qu’il y a encore quelque chose qui échappe à son savoir.

         Saura-t-elle alors franchir le pas qui la sépare de la Connaissance ?

         Très probablement, alors, elle découvrira les vraies valeurs de la connaissance traditionnelle et elle bâtira de nouvelles cathédrales qui seront, n’en doutons pas, des Temples de Lumière.


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