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Alchimie

            L’alchimie fait connaître comment le Principe œuvre dans le Saint des Saints. La vie est une transmutation perpétuelle d’éléments en d’autres et par les autres. Tout cela est régulé par la conduite des feux qui maintiennent la vie. A partir de là, l’initiation permet d’œuvrer pareillement, de créer un pont entre l’Esprit et le monde manifesté. L’alchimie est alors l’art de découvrir l’Esprit dans la matière, les sources de la vie, l’art d’entrer dans la nature secrète de la lumière.

            Exotériquement, on dit qu’il s’agit de transmuter des métaux vils en or. Cette façade qui fait rêver voile l’aspect ésotérique où l’alchimiste se transmute lui-même. « Alchimie » vient de l’arabe « al kimiya » qui dérive directement d’un des noms de la terre d’Egypte, « kemit », « la noire ». Cette terre est représentée par un feu qui s’éteint presque. Ce hiéroglyphe signifie aussi « achever ». C’est le monde des potentialités cachées de l’Esprit et il s’agit de tendre vers la réalisation de ces forces secrètes. Mais ce feu féminin ne va pas sans l’autre, la terre rouge, masculine, terre de feu, ce feu créateur, source de la conscience. C’est la terre dans laquelle on fait les temples ; et là, on fait de l’or, de l’alchimie. Cette terre rouge est la « materia prima ». Elle forme les pierres qu’il faut assembler. Ces deux aspects, masculin et féminin, sont indissociables et correspondent au roi et à la reine. Ils sont tous deux en relation avec le symbole de la pierre, sous un angle différent. Et l’alchimie permet d’aller au cœur de la pierre. L’alchimiste détient alors la Pierre Philosophale, le pouvoir de mettre sur le chemin de l’initiation ceux qui sont à son contact. L’alchimie correspond à la Maîtrise initiatique, clé de voûte du processus de réalisation. Celui-ci a commencé avec l’Astrologie au grade d’Apprenti, et s’est poursuivi par la Magie au grade de Compagnon. Il y a là une trilogie de sciences initiatiques aboutissant à la transmutation d’un être en Maître réalisé.

            Le but de l’alchimie est de construire le temple, de réaliser ainsi une matrice de transmutation qui permet ensuite de « durer éternellement », c’est à dire de donner le sens de l’intemporalité de l’Œuvre. Tous les symboles utilisés ouvrent sur l’invisible et l’éternel. Ils développent la conscience et permettent de participer au Grand Œuvre, celui du Grand Architecte de l’Univers. L’accomplissement de l’éternité se fait par la célébration des rituels. Notamment par les heures puisque l’on travaille de la première à la douzième, dans un temps idéel de transmutation. Par les heures, on fait venir les Nombres créateurs et on réalise leur mariage alchimique.

            La table du banquet est un espace de transmutation. C’est là que tout s’accomplit et se résout. Au banquet, nous mangeons le Grand Architecte et Il nous mange. En effet, Il nous mâche (dissolution de notre moi), Il nous avale (enseignement), Il nous digère (transmutation) ; alors Il nous unit à lui en nous assimilant. Cela correspond au « solve » alchimique, à la transcendance, à l’aspiration de l’homme vers Dieu. En même temps, nous le mangeons. Cela correspond au « coagula », à l’immanence, à l’incarnation du divin rendu perceptible à l’homme. Tout cela, c’est la transmutation de l’être et sa divinisation, c’est à dire sa transformation en chair des dieux. Le terme chair inclut bien l’idée d’incarnation. Ainsi peut-on espérer passer de l’état limité de l’individualité à l’état du Soi, et communier avec l’universel.

            La terre noire est riche en humus, issu de la décomposition de matières organiques. De même, le pourrissement de la graine permet au germe d’apparaître. La destruction d’une forme est nécessaire pour que la vie perdure. Le papillon sort d’une chrysalide. Les temples égyptiens étaient démontés et les pierres réemployées pour un nouveau temple. La mort et la transmutation sont indispensables à la vie. Pour le soufisme, on ne peut être plus clair: « Qu’est-ce que la pierre philosophale ? C’est sacrifier sa vie, être toujours prêt à envisager la mort. Pratiquer l’alchimie, c’est tuer l’âme charnelle : celui qui la tue se libère de la prison de l’existence individuelle. L’alchimie, c’est la mort ; mais celle des hommes parfaits, c’est boire du vin pur, non souillé de lie. Meurs aux pieds de l’homme de Dieu ; avant de mourir deviens vivant par Dieu et reçois l’Esprit ».


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