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Chapitre 12 - Peut-on se passer de l'Amour ?

         La question paraît tellement simple et sa réponse tellement évidente que l’on a presque envie de dire : A quoi bon répondre ? C’est aussi comme si l’on se posait la question : Peut-on se passer de boire ?

         Et pourtant combien de sociétés, de communautés sont mortes pour n’avoir pas compris l’importance vitale de la question, alors qu’elles prétendaient pratiquer l’amour fraternel en leur sein.

         Mais qu’entend-on au juste par Amour ?

         De nombreuses sources consultées font ressortir de multiples sens et acceptions sous ce vocable unique. Un examen approfondi montre que ce sens évolue de bas en haut, en fonction de l’âge de vie auquel il se rapporte allant du niveau du tangible, du matériel, du sexuel, pour s’élever  jusqu’aux conceptions les plus hautes, partant de l’égoïsme le plus sordide pour aller au don de soi le plus absolu, dans les domaines spirituels les plus élevés. C’est en fait le vécu d’un sentiment qui conduit un être à trouver son complément dans tous les degrés de conscience du vivant et sur tous les plans de sa réalité. Une pensée de Leibniz peut résumer tout ceci : 

«  Aimer, c’est être heureux du bonheur d’un autre ».

         Autrement dit, on peut considérer l’Amour comme l’énergie spirituelle qui emplit l’Univers. C’est la plus universelle, la plus formidable et la plus mystérieuse des énergies. Elle est partout, comme un champ magnétique, à la seule différence que son intensité est la même, quels que soient l’espace et le temps, autrement dit elle est isotopique.

          Cette énergie a deux aspects :

- L’aspect Feu, sans lequel rien ne peut s’accomplir dans l’Univers

- L’aspect lien : Cette énergie-amour maintient la cohésion de la création, reliant les parties du tout, les êtres et les choses à l’ensemble de la Création. II est le lien entre le Principe et sa Création. Cet aspect lien est symbolisé par la corde à nœuds du Tableau de Loge dont les douze lacs d’amour en marquent bien l’universalité. Tout ce qui est vivant est relié. C’est la vie qui maintient en cohérence les cellules différenciées d’un organisme et c’est l’Amour qui est bien l’énergie vitale et causale assurant ainsi la cohésion de toutes les parties. La conclusion est évidente : impossible de supprimer une loi causale, une fonction créatrice. Donc, impossible de       se passer de l’Amour et, par voie de conséquence, de Dieu, ce qu’a oublié notre société actuelle.

         L’Amour est donc un acte divin. Seul le Principe aime. Aux hommes d’être dignes de cet amour. L’amour vient du Principe et son plus bel acte est indiqué par Maitre Eckhart :

« Le plus grand don et le plus grand témoignage d’amour que nous ayons reçus de Dieu c’est que nous soyons Enfants de Dieu ».

         Nous touchons-la le Grand Mystère : la conscience d’être enfants de Dieu. C’est là LE mystère sans lequel la vie ne peut avoir de sens et c’est le propre de l’Homme d’avoir conscience d’un mystère, du mystère. Pour pouvoir le résoudre, l’homme a été doté de la possibilité de rire, ou si l’on préfère, de raison et de jugement. C’est par le juste exercice de ce jugement qu’il se rendra compte que la nature est tout amour. L’observation montre en effet que la nature exprime cet amour, ce don de soi, par la profusion des semences qu’elle émet en permanence pour que la vie perdure et réponde ainsi à sa finalité. Soumise à la loi de création, elle l’exprime en un don total et sans fin permettant ainsi à l’évolution de s’accomplir.

         L’amour, en tant qu’acte, apparait bien comme primordial. Pour créer la Manifestation, le Principe doit passer du Un au Multiple, et commencer par manifester la dualité créatrice. Si le Principe pensait la dualité sans l’amour, il n’y aurait que dispersion et aucune possibilité de retour à l’Unité. Cette fonction de création nous est rappelée dans nos temples par les épées que nous utilisons rituellement. Elles symbolisent en effet la lumière de l’amour qui transforme la mort en vie. Instruments de la justice divine, les épées transmettent le Verbe par l’amour de l’Amour. L’épée flamboyante du Vénérable Maître symbolise l’énergie créatrice de l’amour émise par le Principe Causal. On peut donc dire que toutes ces épées de Lumière créent la Communauté et, par voie de conséquence, le Frère.

         II découle de ce qui précède que la Communauté est le lieu de l’énergie. C’est à la fois un lieu de la circulation de l’énergie et un lieu de création de l’énergie. Au sein d’une telle communauté, une telle énergie, d’essence divine, ne saurait être soumise aux lois de la conservation de la physique ordinaire. Tel un soleil créateur qui puise sa propre énergie en lui-même, au sein d’une telle communauté, l’énergie communautaire se nourrit de la propre substance des Frères pour irradier toute la création. Une telle possibilité est réalisable dans la mesure où les composantes - les Frères - de la communauté sont animées du désir de don, du désir de l’autre, du désir de partage ; on peut aussi dire du sortir de soi. C’est tout le contraire de l’égoïsme : ne plus penser pour soi, en fonction de soi, mais pour et en fonction de l’autre.

         Un des moments privilégiés où l’amour communautaire se révèle dans toute sa gloire est celui du banquet. Le feu de l’amour demande à être nourri, alimenté et lors des agapes (mot qui signifie amour divin) les nourritures, sur le plan symbolique sont échangées. Le feu primordial y circule, alimenté par les étincelles divines de chacun des Frères. C’est au cours du banquet que se révèlent et se résolvent les mystères. Par le vin que l’on boit et le pain que l’on absorbe, on boit l’Amour et l’on se nourrit de la Création divine.

         Le symbolisme égyptien de la pyramide exprime parfaitement cette loi d’amour que nous devons manifester. Le nom égyptien de la pyramide est MR et les hiéroglyphes qui lui correspondent sont une chouette et une bouche, la chouette signifiant ce qui regarde au cœur des choses, l’essence des êtres et la bouche exprimant le Verbe. Autrement dit, l’amour se vit par l’action du Verbe sur l’essence des êtres.

         Le mot MR a trois sens :

- Le sens de canal, celui de la houe du laboureur et celui de pyramide. On peut en déduire trois aspects fondamentaux.

- L’aspect Sagesse de l’amour correspond au canal, tranchée qui descend jusqu’à l’eau primordiale au sein de la terre, c’est-à-dire l’énergie principielle, pour la mettre à la disposition des œuvrants. De même, les Frères se doivent d’être les canaux de l’amour, permettant ainsi la création et la réalisation de l’Œuvre.

- La houe symbolise l’aspect Force de l’amour. Il faut saisir l’amour comme un outil et creuser le canal afin de trouver l’énergie primordiale, et la canaliser vers une œuvre humaine.

         Enfin, le troisième aspect, celui de l’Harmonie, correspond au mot pyramide. La pyramide réalisée est l’énergie du feu qui unit le Ciel et la Terre et la Terre au Ciel, rendant l’amour présent sur terre.

         Dans une communauté initiatique, les différentes phases de l’amour se révèlent progressivement à celui qui est sur la voie et en fonction des Nombres qu’il a pu appréhender.

         Par l’Astrologie, l’Apprenti découvre les influences de l’amour dans l’univers, de ce qui lie l’univers : c’est l’Amour Cosmique.

         Par la Magie du grade de Compagnon, celui-ci découvre les formes de l’amour et toutes ses fonctions créatives.

         Par la Maîtrise, l’initié réalise le mariage alchimique. Accomplissant la véritable résolution des contraires, il se fond dans l’Unité. C’est au centre du cercle que l’être est transmuté par l’Amour de la Veuve. Arrivé à ce stade, l’initié est pleinement conscient de l’Amour dans son essence et dans sa finalité. C’est là où se situe le véritable devoir du Maître réalisé qui a été élevé jusqu’aux Grands Mystères. C’est en effet par l’acte de l'Amour absolu que 1’homme peut prétendre approcher du Principe et, tel le Démiurge, enrichir l’Œuvre de la Création dans la perception et la soumission totale à la Règle, seule source d’une authentique liberté.

         L’aspect conceptuel de l’amour est révélé aux initiés par les symboles, le Rite et les rituels et bien entendu par le mythe          dont ceux-ci procèdent. L’examen de ces symboles amène les initiés à la conclusion inéluctable que la vie repose sur les deux colonnes de la dualité, situées a la fois dans et hors du Temple pour affirmer leur universalité. Il en découle que la vie ne peut être en conformité avec sa finalité et sa destinée que si elle se passe à résoudre en permanence et sur tous les plans de l’être les contraires issus de cette dualité. Cette dualité exprime la double polarité dont est issue la création. Polarisée, elle se fond dans une nouvelle unité par les lois de l’attraction universelle que l’on ne peut pas faire autrement que d’appeler à ce stade loi d’Amour. Ainsi l’amour à ce niveau est le plus haut que puisse concevoir l’homme. Elle est la résultante d’une fonction causale qui est la résolution des contraires par le mouvement, considéré ici sous sa forme attractive ; laquelle résolution engendre et perpétue la vie. Ceci va du microcosme avec la sexualité des corps terrestres jusqu’au macrocosme avec les lois de la gravitation et de l’attraction des corps célestes.

         Cette conception de l’Amour a parfaitement été comprise par le christianisme qui l’a manifestée par la descente sur terre d’un Dieu d’Amour total et rédempteur pour les hommes victimes du péché originel, c’est-à-dire pour la partie de la Conscience Universelle qui, dans la nécessité d’obéir à sa Cause, a effectué la descente dans le Manifesté.

«  L’Amour est l’élan par lequel l’âme, sensible à la Beauté parfaite, tend à l’immortalité ».         (Platon)


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