Recherche par mot clé
 
 
Qui sommes-nous
|
Quelques concepts fondamentaux
|
La pensée traditionnelle face aux courants de la pensée moderne

La hiérarchie causale
|
L'Initiation
|
Questions/Réponses
|
Chambre du Symbole
|
L'Initiation féminine
|
Bibliographie
|
Nous contacter

 
Chapitre 13 - Les fausses fraternités

         Le terme de fraternité qui avait été remis en vedette par la Révolution Française comme 3ème point de la devise de la république «  Liberté – Egalité – Fraternité », a depuis été réutilisé à de nombreuses fins, allant d’un simple copinage : la fraternelle des boulistes ou autres, jusqu’à une sorte de solidarité entre membres d’une même race, d’une même croyance, d’un même métier, voire d’un même groupe quelconque.

         Beaucoup de sectes l’ont utilisé, donnant un sens quasi-mystique au titre de frère attribué à leurs membres, à des fins pas toujours exemptes d’un désir de puissance ou de profit matériel.

         Sans compter tous les appels à la « fraternité humaine » où il suffirait de quelque obole pour satisfaire à nos devoirs de fraternité.

         Quand un terme a été aussi usé, aussi employé à tort et a travers, il est nécessaire de le réhabiliter, de retrouver sa pureté originelle, son vrai sens profond. Pour cela, un premier travail consiste à redécouvrir les conditions nécessaires pour qu’existe réellement une vraie fraternité :

         - et, bien sûr, en tout premier lieu, sont frères les êtres de même père et de même mère, fraternité physiologique, mais aussi spirituelle : les enfants de Dieu dans le Prologue de Jean, ou les enfants de la Veuve dans l’Initiation maçonnique (les initiés naissent de la Veuve par le rituel).

         - ensuite, entre tous doit régner un amour fraternel, pur, à l’inverse de l'amour possessif qui tend à la mise en captivité, à la domination de l’autre. Son seul but doit être de donner et non de prendre. Il doit être sentiment et non sentimentalisme, sensible sans tomber dans la sensiblerie, à l’écoute des frères sans s’apitoyer sur leurs difficultés mais en leur transmettant l’énergie pour les surmonter.

         - la fraternité doit avoir un but ; en Initiation : le désir d’éveil, la volonté de progresser sur la voie, où chacun est un éveilleur pour l’autre, un outil pour l’autre. Les frères ont le devoir de se créer les uns par les autres. Le progrès n’est pas individuel, c’est celui de la communauté initiatique toute entière.

         - un lien puissant doit relier entre eux les membres de la fraternité, fixant leur appartenance à une communauté initiatique, à la Règle : ce lien est symbolise par le serment prononcé lors de son initiation par le néophyte, lien qui engendre tous les devoirs, sans lui accorder bien sûr aucun droit !

         L’idée de fraternité ayant été remise à sa « juste place » dans l’échelle des valeurs, il s’agit alors de la vivre, de la faire vivre au sein d'une communauté : il faut la faire vivre sur tous les plans, aussi bien matériel qu’intellectuel, et surtout spirituel, en parfait équilibre entre eux, loin des sectes « purs esprits » qui nient le matériel, matérialistes refusant le spirituel, intellectuels arrêtés à leur propre autosuffisance.

         De quels moyens devons nous disposer pour vivre la fraternité ?

         - Il est un Principe de Création, qu’on l’appelle Principe Divin, Dieu, Grand Architecte  de L’Univers,  dont nous avons reçu une parcelle à notre naissance. Ne peuvent participer à une vraie fraternité que des êtres en Harmonie avec cette parcelle divine, donc vivant selon la loi de ce Principe, selon la Règle. Les frères, en harmonie avec la parcelle divine, seront en Harmonie entre eux.

         - A la suite de l’Harmonie, doit venir la Force, l’énergie capable de réaliser la fraternité, de la souder, de lui donner pouvoir de création. Cette énergie est l’amour fraternel, capable par sa chaleur de donner vie et mouvement à la communauté.

         - Enfin, la Sagesse doit être présente pour transmettre la Parole sans la trahir, Sagesse qui ne peut être la propriété d’un individu puisqu’elle n’appartient qu’à la communauté initiante dans son ensemble. La Sagesse s’exprime au sein d’une hiérarchie : non pas qu’il y ait des frères qui soient plus frères que d’autres, ou plus savants que d’autres, ce n’est pas une hiérarchie de valeur, le Vénérable Maître est un frère parmi ses frères, mais une hiérarchie de Connaissance, chacun, de l’Apprenti au Compagnon et au Maître participant à la Sagesse suivant son degré de Connaissance, selon les Nombres qui lui sont connus.

         Munie de ces 3 qualités, Harmonie, Force et Sagesse, la fraternité peut vivre, elle peut créer, elle peut transmettre.

         En termes d’Alchimie, la fraternité est symbolisée par l’Athanor :

         Les êtres déjà dégagés de leurs conditionnements, qui ont mis leur parcelle divine en harmonie, constituent la « materia prima » qui sera disposée au sein de l’athanor, afin que, par le feu de l’amour, la matière du Grand Œuvre soit créée et qu’à son contact « le vil plomb puisse être transmuté en or pur ».

         L’Alchimie réalise ainsi les trois œuvres de la fraternité : vivre, créer, et transmettre, sans oublier toutefois que la qualité de la fraternité et la qualité de ses œuvres restera toujours liée à la qualité des êtres qui la constituent et à leur capacité de donner.


<<Retour

<<Accueil | Nous contacter | ^ Haut de page