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Porte

            Ouverture dans l’enceinte sacrée du temple, elle est à la fois élément de séparation et de protection face à l’extérieur et moyen de passage. Elle n’est pas une fin en soi. Une porte accessible à l’homme est toujours gardée par un inflexible gardien du seuil qu’il faut avoir le courage d’affronter. En latin, elle se dit « Janua » (du dieu Janus) qui signifie aussi entrée, accès, chemin. Elle a donc deux visages, l’un extérieur, l’autre intérieur, justifiant la double fonction du Couvreur. Quand il est dehors, il est menaçant et protège l’enceinte. A l’intérieur, il accueille ceux qui ont su passer.

            L’homme est fait pour entrer, pas pour sortir. Le passage vers la sortie correspond à l’immanence et est réservé au Principe divin. Dans ce sens, la porte est large; elle s’ouvre en gloire à deux battants, pour permettre la manifestation au-dehors de l’Oeuvre principielle, « urbi et orbi ».

            Le cheminement initiatique est un passage permanent de nouvelles portes, d’évolution de conscience, d’ouverture à la vie, pour aller jusqu’à la Lumière éternelle. Traditionnellement, elles sont trois pour accéder au paradis, et Trois, c’est le multiple.

            Dans le sens de l’entrée, elle est toujours étroite et entrouverte. Elle est donc difficile à trouver et exige un vrai désir de recherche. Mais l’accès de l’espace sacré est toujours possible au chercheur sincère de vérité, que ce soit pour la communauté qui va célébrer les rites de création ou l’impétrant. Mais le passage n’est accordé qu’après reconnaissance de la valeur de celui qui se présente, quel que soit son grade. Obstacle, elle arrête, inquiète, interroge, sélectionne, mais elle provoque aussi désir, curiosité et intuition.

            Il faut donc d’abord réussir à l’atteindre, donc chercher. De loin, l’enceinte du temple semble sans ouverture. Certains accès donnent sur des impasses. Puis, il faut frapper. Alors, en retour, la porte interroge pour qu’on la nomme; il faut donc demander pour témoigner que nous pouvons entrer. En effet, on ne peut passer si l’on n’est pas de même nature qu’elle, si l’on ne connaît pas son nom. Chaque ouverture rencontrée donne accès à un nouveau concept révélé par son nom, véritable clef. Le linteau et les montants sont décorés de symboles qui éveillent, instruisent, suscitent le désir. La porte n’est pas muette. On passe de l’une à l’autre en suivant l’étoile, et chaque passage délivre un enseignement, une nouvelle lumière.

            Connaître la porte, c’est connaître le chemin. On ne sait ce qu’il y a derrière. Le Secret est donc un concept lié à elle. Mais elle détermine une direction et la nature de ce qui s’ouvre devant soi. Son nom révèle le sens de ce qu’il y a au-delà d’elle. L’intelligence du cœur est le seul moyen de la nommer.

            Mais seul, on ne trouve que des noms approchés, inutiles pour déclencher l’ouverture. Il faut l’aide d’un frère, déjà passé par-là, qui est notre garant. La voie individuelle sera toujours insuffisante. L’homme est impuissant par ses propres moyens.

            Une porte est naissance et mort, parce qu’on la franchit vers un inconnu et qu’on ne se retourne jamais sur ce qu’on a laissé. Il faut mourir à l’état précédent. La fonction de chacune est d’harmoniser et de construire celui qui la passe. Elle se franchit en esprit, hors du temps, pour aller vers l’éternité. Il faut entrer en se laissant dehors, car rien ne peut être ajouté au paradis.

            Le temple comporte une porte à chaque orient.

            Celle du Nord, par laquelle on entre dans le temple, donne accès à la plénitude. Elle est parfois appelée celle des alchimistes. Elle filtre les métaux déposés devant elle pour être transmutés et préserve ainsi l’espace sacré de tout conditionnement. Elle révèle les origines et portait au Moyen-Age des scènes de l’Ancien Testament. L’impétrant est passé par-là. L’ouverture est alors très basse, rappelant l’humilité et le courage nécessaires pour entamer le chemin comme pour le poursuivre.

            Celle du Midi est source d’éveil, de lumière révélée en action. Au Moyen-Age, elle portait des scènes du Nouveau Testament. Elle permet de voir et comprendre les mystères de la création.

            Celle d’Occident, entre les colonnes, récupère l’énergie accumulée dans le temple et charge d’énergie  la communauté qui sort vers la salle du banquet. Le Verbe régénéré par l’Oeuvre va pouvoir illuminer cette salle puis le monde extérieur à la fin du processus alchimique. Cette porte, souvent dite de la mort (elle portait au Moyen-Age des scènes de la résurrection des morts et du jugement dernier), permet de rejoindre l’Océan des origines d’où nous venons. Chaque initié y passe au jour de son décès, accueilli par la Veuve, pour affronter une ultime épreuve qui le fera soit retourner à l’indifférenciation, soit retourner à sa cause pour s’y fondre et participer de la lumière éternelle. C’est donc aussi la porte de la Veuve en tant que grande gestatrice, matrice de la vie, à la fois mère et mort (deux mots anagogiquement synonymes). En fait, la Veuve est la seule qui connaît les vrais noms, car elle sait prêter l’oreille à la lumière. Elle seule donne la possibilité d’accéder à l’ouverture des portes.

            L’incréé est derrière celle d’Orient. De là jaillit la lumière primordiale, d’une intensité si puissante qu’elle est insoutenable à la conscience humaine. Seule la ternarité divine, Principe-Grand Architecte-Veuve peut y entrer et sortir. Elle est l’ouverture du ciel que l’on déverrouille par les rituels pour rendre présent le divin. Il n’y a pas d’accès direct à l’Orient Eternel. Elle est infranchissable humainement. Elle ne peut laisser passer ce qui est né, ce qui est fini, ce qui est corporel.

            Les grades, également, ne sont pas autre chose que des portes dont la clef est donnée par un mot sacré (les anciens mots de passe) qui recouvre la connaissance progressive des Nombres et l’éveil du cœur-conscience. Chacun des Tableaux de Loge la représente donc. Au grade de Compagnon, elle est présente par l’Etoile Flamboyante dans laquelle il faut entrer, porte de la mort et de la résurrection, de notre vivant. Au troisième degré, elle est figurée par le lit de résurrection.

            Par ailleurs, les Saint Jean, d’hiver et d’été, sont les portes de l’année. Il y a celle  de la lumière manifestée, au solstice d’été, qui correspond à la présence divine sur terre, et celle de la lumière secrète qui luit de nouveau dans la crypte au solstice d’hiver. Elles sont toujours ouvertes pour les fils de la lumière.


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