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Bandeau

         Il est porté dans le temple pour masquer la vue de ceux qui n’ont pas encore été reçus dans la chaîne d’union. Il y a pour cela deux occasions. Lors de l’épreuve du bandeau, le postulant est confronté à l’ensemble de la communauté initiatique qui lui pose nombre de questions afin de vérifier son désir et les chances d’intégration harmonieuse. Ensuite, lors du rituel d’initiation, le néophyte qui vient de la crypte n’a pas de tablier ; n’ayant pas encore reçu la lumière, il doit être protégé. Le bandeau est ainsi une des formes de la peau dans laquelle on mettait les impétrants lors des rituels de l’antiquité.

            La vue est le sens qui prime chez l’homme et donne souvent des informations erronées. Le supprimer donne de l’acuité aux autres. Et il faut se souvenir que l’oreille s’ouvre la première à la vie (cf. le sens de l’ouïe), bien avant la vue. Son éveil rend prêt à entendre l’appel du divin, à y répondre et s’y tenir. La sagesse authentique échappe au regard physique, à l’apparence du dehors. La foi vient de ce que l’on entend, pas de ce que l’on voit. L’Apprenti sera d’ailleurs pour cela au silence. On ne peut contempler le divin face à face sans une longue préparation et sans d’infinies précautions.

            Le bandeau est donc un voile épais qui symbolise dans un premier temps l’illusion et les préjugés profanes qui privent l’être du rayonnement de la connaissance. Il incite à aller au-delà des apparences en fermant les yeux sur ce qui est transitoire, matériel, pour les ouvrir au réel et pour vivre en esprit les symboles qui sont proposés. Il éclaire le regard intérieur, met face à soi-même et permet la méditation sur le divin qui est en soi. Il donne une concentration à un point inimaginable auparavant. La pierre est cachée ; il faut l’isolement de la vision profane pour voir sa nature et accéder à la création dans ses formes éternelles. Ce silence du regard lors de l’épreuve du bandeau donne accès, en cas de succès, à la crypte et permet de devenir une materia prima.

            Par ailleurs, il incite à donner toute sa confiance aux frères qui guident le postulant dans les épreuves, ce qui est une première forme d’intégration. Cela provoque un pas peu sûr et prudent, dans une nuit capable de faire surgir la lumière qui va devenir le centre de l’existence.

            Après les épreuves des éléments, il n’est pas ôté mais relevé sur le front, devenant la clef de la connaissance, pour voir et méditer. Le néophyte se retrouve face à lui-même, c’est à dire face au Maître assassiné, à son devenir initiatique. Il est confronté d’emblée aux Grands Mystères, incompréhensibles rationnellement. On lui demande de voir et de méditer sur une vision qui va occuper toute son existence. Mais il ne sera jamais seul pour cela, puisque toutes les épées sauf une, toutes les énergies de ses futurs frères sont tournées vers lui pour l’aider et pour le mettre sous contrôle communautaire. Une seule épée est pointée sur le cadavre du Maître, captant son énergie pour la diffuser sur celui qui naît. Là s’exprime toute la volonté de don, de transmission et d’amour communautaire. Le seul vrai sujet de méditation est la mort du Maître. Alors, le bandeau est replacé.

            Le second retrait se fait quand le néophyte est introduit dans la chaîne d’union, prêt à recevoir la lumière. Après avoir croisé le regard de ses futurs frères, il est mis face à lui-même par un miroir tenu par son parrain, puis au ciel toujours par le miroir qui bascule vers le haut, et enfin à son parrain. La fraternité, qui inclut à la fois la communauté, l’être qui s’intègre et l’univers, devient la lumière sur le chemin. L’occultation du regard a permis ce trajet de la pénombre de l’ignorance à la claire conscience. Cette voie n’est pas linéaire mais cyclique comme celle des deux Saint Jean. Le bandeau est d’ailleurs une bande circulaire, sans début ni fin, capable de mettre en mouvement le néophyte. La naissance n’est pas un acquis définitif. Elle se cultive. Le bandeau est présent en permanence et peut toujours redescendre. La conscience évolue comme la spirale, dans un sens comme dans l’autre.

            Autrement dit, il est plus qu’un simple masque. Relevé, il peut devenir couronne royale, révélant le troisième œil, celui de la clairvoyance qui perçoit toute chose et éveille la conscience. Le néophyte, qui n’est pas encore créé frère, est déjà assimilé au Maître d’œuvre qu’il deviendra peut-être. Il a sur le front un anneau de lumière transfiguratrice qui donne accès à la royauté. Les auréoles des saints chrétiens ne sont pas autre chose.


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