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Miroir

         D’emblée, on ne peut pas voir  directement la lumière. « Nous voyons aujourd’hui dans un miroir, d’une manière confuse, mais ensuite ce sera face à face ; aujourd’hui je connais d’une manière imparfaite ; mais alors je connaîtrai comme je suis connu » (1 Cor, XIII, 12).

         Dans le rituel d’initiation, quand le bandeau est relevé la première fois, on demande au néophyte de se retourner. Il est alors devant un miroir tenu par son parrain. Il se retrouve face à lui-­même, dans l’état du profane qui passe son existence à se regarder dans un parfait nombrilisme qui nourrit son ego.  Cependant, s’il sait voir, sa parcelle de lumière apparaît. Ensuite, le parrain bascule la glace délivrant le néophyte du narcissisme, et le ciel devient visible, montrant l’univers dans lequel il faut s’intégrer. Voilà le passage du moi au Soi. Puis l’objet disparaît et laisse la place au parrain, son futur frère, qui lui donne l’accolade fraternelle. C’est l’accueil dans la fraternité, lieu de vie.

         La première leçon est donc que l’individu est un miroir libre qui contemple de nombreuses choses. Ce n’est plus le cas de l’initié. En effet, si l’homme regarde le chaos, il reflète le chaos ; s’il tourne les yeux vers la lumière, il devient la lumière. Nous devenons ce que nous regardons, d’où l’importance de l’orientation de la vision.

         Tenu par le parrain comme un masque, il est l’ouvreur du visage, c’est-à-dire que l’être peut envoyer aux autres des reflets capables de les éveiller. En même temps, le visage devient le miroir de l’âme, rendant perceptible et vivante la parcelle de lumière présente en chacun mais généralement occultée.

         Le basculement vers le ciel indique que l’homme peut voir l’univers, et donc la nature, à découvert.  Mais il s’agit surtout d’obtenir un reflet perceptible du monde invisible. Par l’intuition, on peut entrer dans le miroir et comprendre la réalité au-delà de ses apparences. Ainsi naît le regard, dans ce lieu de merveilles cachées où se manifestent de nombreux mystères.

         Par une inversion, principe bien connu, l’être devient miroir de l’univers. Ses petites préoccupations quotidiennes disparaissent comme sans importance, et il devient apte à prolonger la création. Le Principe se contemple en nous car l’univers est une immense glace dans laquelle le Principe se reflète. C’est bien pourquoi la connaissance des mondes introduit dans les mystères divins. Il vaut mieux alors être un miroir sans tache.

         Cet objet est donc indispensable pour recevoir les bienfaits de la lumière. Il est lunaire et symbole de transmission ; le parrain est le modèle de ce qu’il faut devenir pour transmettre la lumière ; il en est le témoin. Mais il est aussi solaire, car il donne le sens de l’angle juste pour viser les étoiles et notamment la polaire d’où pend le fil à plomb ; actif, il permet d’entrer dans la chaîne d'union en transmutant l’être en l’être divin qui était déjà présent à l’intérieur comme étincelle.

         Le miroir est donc finalement synonyme de vie. En effet, le signe « ankh » égyptien, qui signifie vie, a cette forme.  C’est par lui que se révèlent les objets ou les êtres et qu’ils prennent vie. A cette époque, il s’agissait d’un disque de métal poli, ressemblant à un soleil brillant. Symboliquement, il n’est pas en verre mais il est fait d’un métal céleste, véritable dissolvant universel, selon le langage des alchimistes. Par lui s’opère la dissolution ou mort, la première et plus importante opération de l’œuvre. Regarder un miroir revient à participer de la vie céleste.


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