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Veuve

         Les francs-maçons se disent « Enfants de la Veuve ». La formulation du mythe d’Hiram a de très nombreux points de rapprochement avec l’antique mythe d’Osiris démembré par son frère Seth et reconstitué par sa sœur et épouse Isis. Celle-ci, après avoir réuni ce qui était épars, redonne vie à son époux. Ce dernier pourra alors la féconder afin de donner naissance à Horus, souvent assimilé au Verbe des chrétiens.

         Ces deux mythes sont solaires, et déclenchent un processus alchimique par le mystère de la mort et de la résurrection. Le Grand Architecte de l’Univers est devenu complètement invisible ; Hiram a disparu ; Osiris règne sur l’au-delà. Seul n’en subsiste que le monde de la manifestation.

         En fait, à l’origine, le Principe créateur, en se pensant, a généré le Deux destiné à créer le monde. Cette dualité, Grand Architecte-Veuve ou Osiris-Isis, est cause de la création qui est porteuse de toutes les lois causales.

         Le rituel du 3ème degré du Rite Initiatique Traditionnel Ecossais (R.I.T.E.), plus précis que le R.E.A.A., apporte de nombreux éléments d’enseignement :

         « C’est pourquoi la Veuve a réuni les maîtres en chambre du milieu. Elle les a initiés aux Grands Mystères pour qu’ils soient capables de rendre la vie au cadavre du Maître et, par son esprit, de faire naître un nouveau maître ».

         « Ce secret est celui de la vie transmise par la Veuve ».

         Il est précisé aussi dans ce rituel que la Veuve a construit le lit de résurrection en utilisant la Pierre Noire qui est la matière divine de l’Œuvre. Ceci est à rapprocher du concept de la Vierge Noire portant le Verbe dans son giron. De son côté, l’alchimiste part d’une materia prima noire. Et à La Mecque se trouve la Kaa'Ba ou pierre noire, que tout musulman se doit d’avoir touché une fois dans sa vie.

Les liens « familiaux » de la veuve

         Quel est l’être dont elle est la veuve ? Bien que les rituels ne l’indiquent pas explicitement, le mythe suggère qu’il s’agit d’Hiram, de l’Homme Universel que nous avons comme devoir de reconstituer en permanence, autrement dit du Grand Architecte. La Veuve apparaît ainsi comme l’aspect informulé du Principe, lui permettant d’être transmissible. Dans notre tradition, sans la Veuve, nous ne pourrions approcher du Principe et, bien que toujours présente, elle ne se manifeste pas.

         Ses « Enfants » sont les initiés. Elle est notre Mère. Elle nous donne vie le jour de notre initiation et nous avons le devoir de réaliser une longue gestation pour rencontrer en conscience, progressivement, le principe de renaissance et devenir alors réellement un de ses enfants.

Quelles parties symboliques de la veuve peut-on appréhender ?

         L’Utérus, symbolisé par le cabinet de réflexion. Cette crypte est la terre-mère, la Veuve toujours prête à donner la vie et à manifester l’Orient Eternel. C’est le lieu de la Veuve. Là se trouve la tombe du Maître ; là se reconstitue le Maître ; là prend vie la chambre du milieu. Le passage par la Veuve est ainsi l’aspect mythique de la transmutation.

         Les Larmes de la Veuve, sur le tablier du maître, permettent à celui-ci d’avoir accès à l’Or comme matière première. Ce sont ces larmes qui provoquent la pluie qui, en mouillant la terre, la rend à la vie.

         Le Visage de la Veuve nous est proposé par le tableau du cabinet de réflexion et par le tableau de loge. Tous les symboles tracés sont fondamentaux, mais ils sont séparés les uns des autres, démembrés. Là encore, la Veuve nous montre comment agir, notamment par les « lacs d'amour », et en nous montrant cette matrice du jeu des symboles. C’est le tableau qui permet la transmutation à chaque tenue : il est la présence de la Veuve, présence sans laquelle la transmutation ne peut se faire.

         Le Tronc de la Veuve est une sorte de boîte noire destinée à recevoir des offrandes. Sous cet aspect, elle manifeste la tradition qui relie tous les initiés et leur permet de se créer les uns par les autres. Le tronc est en fait sans forme, impalpable, quasi-invisible, mais en circulant dans le temple, entre chaque frère, il fait vivre les frères, vivre la fraternité avec l’invisible. C’est cela qui fait qu'une tenue est une communion de la communauté avec la Veuve. L’attouchement fait au tronc est une fécondation de la Veuve pour accomplir la création.

Quels noms peut-on lui donner ? (sans exhaustivité).

         En 3 groupes de 3 noms.

* Des noms qui ouvrent sur le concept, la nature de la Veuve.

            En son nom de Tradition et de Vie en Esprit. Elle est liée exclusivement à l’invisible. Si elle est une présence permanente, elle est non-apparente ; elle est voilée. Tout le processus des grades est là pour permettre une approche qui s’achève sur un contact avec elle à la maîtrise. Là on accède à la pensée sans image ; il n’y a plus besoin d’images ou de symboles pour manifester la Veuve ; elle est partout présente. La chambre du milieu atteint à la vie en esprit et prolonge la tradition.

            En son nom de Règle. Le linceul est une expression de la Veuve ; son nom est le tablier du maître, et ce tablier est la Règle du maître. La Veuve, en tant que Règle du maître est le principe de vie que doit réaliser la communauté.

            En son nom d’Occident. Elle tire de l’âme universelle la parcelle d’âme, de lumière éclatée, qui est en chaque homme. Elle nous donne vie en nous faisant mourir à l’universel ; elle est donc la mort qui prépare la conception d’une nouvelle vie, dont le symbole est la terre-mère qui reçoit, enterrée, la graine qui devra mourir pour donner vie à la plante. Elle est la vie au cœur de la mort, toute manifestation vitale impliquant une mort. La Veuve est donc l’Occident en tant que porte de la mort qui révèle la vie éternelle.

* Des noms ouvrant sur la manifestation de la Veuve.

            En son nom de Géométrie. Elle montre la voie de l’expérimentation en permettant d’entrer dans le monde de la mesure en justesse. Elle permet de passer par toutes les formes. C’est elle qui conduit le Compagnon à travers les polyèdres jusqu’à la maîtrise.

            En son nom de Rite. C’est par le rite que la Veuve unit les frères dans l’esprit de la communauté et nous intègre ainsi à l’univers.

            En son nom de Ciel. La Veuve est le ciel qui absorbe le soleil et le fait renaître au matin, ce qui permet la vie. Son symbole en tant que ciel est le miroir. Tel est l’aspect céleste et amoureux de la Veuve qui capte la lumière et la réfléchit avec amour.

* Des noms ouvrant sur la transmission.

            En son nom d’Enceinte. Elle ceinture le temple, visible de loin, indiquant qu’il y a là un lieu sacré. Elle est l’enceinte qui unit les frères à l’intérieur. Le tracé des fondations suffit à créer le temple, comme le tracé du tableau de loge suffit à ouvrir une tenue.

            En son nom de Vase. Elle est en permanence vide. Faire vivre la Veuve, c’est faire le vide en soi pour pouvoir recevoir le divin.

            En son nom de Communauté. Elle est la loge, l’athanor communautaire où la chambre du milieu sert la Veuve et se transmute en même temps en la Veuve. N’est-ce pas cela le mariage alchimique ? Les maîtres qui se réunissent en chambre du milieu, principe masculin, forment et font vivre la communauté, principe féminin, qui les crée en retour. Ainsi se transmet l’initiation, sans démarche individuelle possible.

         « Désormais, c’est la Veuve qui te mettra au monde chaque matin tel un nouveau soleil et c’est en elle que tu trouveras ton accomplissement ».


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