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Rouge

         Toutes les civilisations traditionnelles fondent le jeu des couleurs autour du triptyque noir-blanc-rouge, le blanc étant le contraire des deux autres. Cela correspond aux trois phases successives de l’œuvre alchimique. Le blanc du soleil diurne succède à la nuit froide et devient au soir un rouge qui est invariable car il plonge dans l’éternité de la sérénité du crépuscule.

         Les couleurs, en général, sont associées dans les blasons, les symboles ou dans la nature. La violence du rouge est ainsi atténuée et il devient plus lumineux. Il faut ici signaler que les pièces du jeu d’échec, en occident, étaient blanches et rouges à l’origine jusqu’à la fin du moyen âge. On comprend ainsi qu’un tel pavé mosaïque n’est pas une stupidité si on vise l’aboutissement de l’œuvre.

            Quelle est la nature du rouge ? Il est la vie dans sa source, la quintessence, d’où l’aspect du dodécaèdre. En Egypte, il qualifie le désert, la sécheresse. Il donne une terre de feu qui sert à construire les temples et les demeures d’éternité. C’est pourquoi l’hexaèdre dans la Pierre Cubique a cette teinte. Cela correspond aux langues de feu spirituel descendant de l’Esprit Saint. Ce feu quintessence n’est pas élément puisqu’il s’agit plus du tison que des vraies flammes. Il couve en rubis comme dans l’escarboucle des alchimistes, mot qui signifie littéralement « charbon ardent ».

            Par ailleurs, le soleil prend deux couleurs suivant les moments de la journée. Il peut être jaune d’or ou rutilant. De même, un matériau chauffé passe par ces deux aspects. Dès le rouge, le métal change de nature, devenant malléable ; on peut le travailler sans risque de le briser. Ces deux couleurs s’assemblent pour formuler les Grands Mystères et l’état de maîtrise.

            Le rouge caractérise aussi le sang, support animateur de l’énergie vitale, qui nous nourrit à chaque instant. Un corps exsangue meurt. Il se répand donc sur le cœur du Maître assassiné qui est parvenu à l’achèvement de son action terrestre et établit une lignée par la transmission de son sang.

            Cette teinte est donc source de dynamisme, mais doublement. Il y a le feu constructeur et celui qui détruit. Il est la marque de la force, du courage, de l’orgueil qui soutiennent les œuvrants. Cela correspond à l’Amour, d’où le symbolisme des roses rouges, au don de soi, au feu purificateur et créateur. Ce premier aspect est celui de la lumière secrète de la Saint Jean d’Hiver, non encore manifestée, qui transmute et qui est source des multiples morts du vieil homme. Telle est l’énergie divine et l’Amour du Principe pour sa création. La tonalité est ici sombre, comme la Pierre Philosophale, comme le cinabre, sulfure de Mercure des alchimistes. C’est le pourpre, du latin purpurea, pur du pur, feu du feu, qui marque la perfection absolue. Ce mot, en grec, se dit « phoinos », ce qui renvoie au phénix. Cet oiseau est rutilant.

            Mais ces vertus peuvent avoir des excès dans la vivacité de l’action. Quand on voit rouge, c’est alors la colère, la cruauté, la haine, la destruction, l’horreur, comme l’illustrent parfaitement Seth, ce dieu du désert, ou même l’habit du bourreau. Cette couleur recouvre les épaules de Lucifer, l’ancien porteur de lumière, et elle donne les flammes de l’enfer. La tonalité est ici vive et intense.

            Ces deux polarités doivent être maîtrisées, car toute vie commence par la Dualité. Dans une perception au-delà du bien et du mal, du combat d’Horus et de Seth, ou de Jésus et Satan, on n’exclut aucun aspect et l’on trouve le feu à son apogée, celui de la Saint Jean d’Eté. Il représente la force vitale dans sa plénitude, le rayonnement d’une lumière éclatante qui irradie la communauté élargie.

            Le rouge, par conséquent, exprime la paix, la sérénité, la perfection, qui caractérisent en quintessence la fin du jour. Hildegarde de Bingen en faisait « la couleur de la constance, de la permanence qu’atteindra la création après la fin du monde, quand tout sera parfait ». Adam, le premier homme était de cette teinte. De même, pour les alchimistes, elle est le signe de la parfaite fixation et de la fixe perfection.

            Elle épanouit donc la conscience, marque la dominance de l’esprit sur la matière, la souveraineté, la puissance accomplie. Nous sommes bien là au cœur de tout pouvoir spirituel, de la royauté et de la maîtrise. C’est pourquoi les maîtres portent un chapeau ainsi teinté (cf. le bonnet phrygien). Ils incarnent ainsi la noblesse de cœur. Ce n’est que très tardivement, et par perte du sens des choses, que ce couvre-chef est devenu noir. Sur le tablier de Maître, dans la Tradition Ecossaise, le rouge est associé au blanc et à l’or. L’union de l’Amour divin, de la Sagesse du Principe et de l’aboutissement de l’œuvre président à la création de l’univers. C’est le domaine des Grands Mystères, où l’on se doit de participer en connaissance de cause à la genèse permanente.       


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