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Saint Jean (fête)

         Toute vie est cyclique. La démarche initiatique occidentale l’est également et ses rituels se déroulent selon un mythe solaire. Le cycle annuel va d’un solstice à l’autre, du moment où les jours sont les plus courts au moment où ils sont les plus longs. Il passe de la lumière prête à s’éteindre et à disparaître lors de la Saint Jean d’Hiver qui se déroule dans les ténèbres de la crypte au sein de la terre, avec les seuls membres de la loge, jusqu’à la lumière à son maximum de rayonnement lors de la Saint Jean d’Eté ouverte à tous ceux qui le souhaitent.

            L’appellation « Saint Jean » vient de l’ésotérisme chrétien. Jean est l’Homme témoin de la lumière. Il est double. D’une part il y a Jean le Baptiste qui accueille tous ceux qui acceptent de recevoir la vie (Saint Jean d’Eté) ; d’autre part il y a Jean l’Evangéliste, le disciple préféré du Christ-Hiram, qui distille un enseignement difficile et de ce fait destiné aux seuls initiés (Saint Jean d’Hiver).

            L’année rituelle commence donc et s’achève à la Saint Jean d’Hiver. « Le soleil et son ombre achèvent l’œuvre » dit un précepte alchimique. Cette ombre est proche du non-être et se manifeste lors de cette fête ; l’œuvre débute et se termine quand l’éclairage est à son minimum et l’ombre à son maximum, soit dans le capricorne au solstice d’hiver. Alors, à partir du côté méridional, le soleil se tourne vers le pôle nord jusqu’au bélier au solstice d’été ; il revient ensuite à son origine quand l’année saisit sa queue avec sa tête comme un serpent, c’est à dire quand elle est accomplie.

            Ces deux instants privilégiés sont les deux pôles indissociables de l’année rituelle, l’un pour célébrer la lumière intérieure, les fondements conceptuels qui font vivre la communauté, l’autre pour rayonner grâce au travail accompli pendant douze mois, et ensuite recommencer un nouveau cycle. Le grain de blé est mis en terre en hiver pour s’y décomposer, germer et produire une plante qui arrive à maturité à l’été et qui produit au centuple de nouveaux grains. Une telle richesse se doit d’être manifestée à tous ceux qui désirent se nourrir de quelques grains et auront alors le devoir de les faire fructifier à leur tour.

            Le feu qui se manifeste lors de ces deux rituels est identique dans sa nature et est symbole de chaleur, de don, de vie. Il renaît à chaque fois par le tison de la fête précédente, qui est symbole de transmission. Ce tison n’est éteint qu’en apparence car les Initiés Passés à l’Orient Eternel, mais toujours présents, ont veillé à la préservation du feu de la Sagesse. Celui-ci ne s’éteint pas mais vit en chacun des frères et rayonne dès qu’ils sont réunis.

SAINT JEAN D’HIVER

            La dernière nuit de l’année est la plus dangereuse, car rien ne garantit que l’obscurité ne va pas l’emporter, brisant alors le renouvellement des cycles. L’ancienne lumière de la Saint Jean d’Eté disparaît. Rien n’est jamais acquis ni terminé. Tout doit renaître en permanence. Cela rappelle à chaque frère qu’il doit savoir se débarrasser de ses acquis pour penser et construire à chaque instant ses actes.

         La communauté initiatique passe alors par les ténèbres pour y puiser le feu secret, enfoui dans la tombe d’Hiram. Il est si faible qu’on le distingue à peine. Il s’agit alors de le nourrir pour faire naître la lumière de la Saint Jean d’Hiver. Ainsi se retrouve le Principe au plus profond de la communauté. Dans cette profondeur se puise l’énergie nécessaire pour rayonner et transmettre. Ce ressourcement donne naissance au nouveau soleil, ce « neo helios » qui a donné Noël.  Alors, le début d’une année va pouvoir régénérer le monde et répéter l’acte de création. Chaque fois est offert l’occasion d’un nouveau départ, dans un perpétuel rajeunissement. Cette fête de l’origine fait vivre la lumière dans son principe, comme source de Vie. La communauté renaît rituellement.

         Mais il faut mettre au jour la racine du feu pour qu’il puisse être réanimé par le tison du solstice de l’été précédent. La bûche du foyer est la Pierre Cubique. En s’allumant, elle unit le ciel et la terre, et fait que les forces célestes s’incarnent sur terre. Alors, s’entrouvre pour un court instant la porte d’Orient, seule occasion de connaître le secret de la lumière qui va pouvoir luire à nouveau dans la crypte. On alimente rituellement ce feu par les trois éléments constituant l’être et sources de vie. On lui offre donc le pain qui est le corps, le vin qui est l’âme et le sel qui est l’esprit.

         On comprend ainsi que c’est lors de cette fête que le Vénérable Maître est élu ou réélu. Régénéré ou installé dans sa charge, il reconstitue la loge en mettant en place le collège des officiers. Chaque frère reçoit une ou des fonctions à assumer pour un an. Le rituel dispense l’énergie nécessaire. L’ensemble des fonctions créatrices de la loge est mis en place et la communauté reprend vie.

SAINT JEAN D’ETE

            Au solstice de juin se déroule la fête de la lumière révélée et rayonnante, visible par tous, par un rituel ouvert, accessible à tous les proches de cœur et d’esprit des initiés. Voilà la plus belle occasion pour la famille élargie de partager avec les frères un moment solennel. C’est la porte de la présence des dieux sur terre. Un grand banquet est célébré, suivi de l’allumage du feu au-dessus duquel tous les participants pourront sauter pour se purifier et se régénérer. Une chaîne d’union clôture la soirée et un courant intense y circule si chacun est attentif.

            Cet instant de joie et de bonne humeur témoigne de l’harmonie et de la justesse de la démarche communautaire comme du bien-être des participants. Là chacun peut trouver l’énergie nécessaire à son élévation.

            Le rituel célèbre la vie dans sa toute puissance, la beauté de la création. A cette occasion, l’œuvre accomplie pendant l’année est offerte aux flammes afin qu’elle meure et renaisse. Ainsi, n’étant pas un aboutissement, elle ne restera pas stérile. C’est un acte d’humilité qui incite à formuler en permanence, à se remettre en cause, à ne pas se figer dans un dogme. Il y a également offrande des six herbes de la Saint Jean, cueillies le jour même et qui présentent aux regards attentifs les secrets de la nature. Ce feu sera la nourriture essentielle pour les douze mois à venir.

            A quoi correspond ce rituel ? Symboliquement, donc réellement, la flamme a disparu. La confrérie des bâtisseurs est partie à sa recherche et l’a trouvée dans la pierre, symbole de toutes les formes de la vie. Elle la fait rejaillir par cette fête pour offrir à tout être la possibilité de devenir enfant de la lumière. Elle témoigne par sa force et son éclat, du vécu de la communauté pour en transmettre l’harmonie. Le feu cache l’image du Grand Architecte de l’Univers et permet d’être près de lui. Chaque participant de cette grande fête contemple ce brasier, y médite et se transforme magiquement. Point commun de focalisation, il est une expression lumineuse de la Vie.


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