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Larmes

         Ce symbole, aujourd’hui peu évoqué, quasiment oublié, est pourtant essentiel à la Maîtrise. On les voit parfois apparaître sur certains tableaux de loge de la Maîtrise ou des tabliers de Maître ou encore des linceuls noirs recouvrant le sarcophage où gît le futur Maître, symbole d’Hiram qui doit ressusciter dans un nouveau corps de lumière. De nombreux symboles disparaissent ainsi, n’étant plus compris ou bien victimes de la profanation des temples.

            Il ne s’agit pas d’une évocation affective déployant la douleur devant une perte, mais d’un élément qui nous vient, comme souvent, de l’Egypte ancienne. Il y a deux niveaux, bien indiqués dans la phrase suivante du rituel d’embaumement : « Tu recevras les pleurs d’Isis, les cris de Nephtys et les larmes de Rê sur toi seront la lumière qui embellit tes jours ».

            Il y a d’abord les larmes d’or du Créateur, du soleil divin, du Grand Architecte. La théologie héliopolitaine indique que les dieux ont été créés par sa sueur, et les hommes par les larmes de ses yeux. En effet, homme se disait « rmt» et larmes « rmyt ». Cela signifie que l’homme est né ainsi du Créateur qui pleure à cause de son comportement. Il est ce qui fait pleurer le divin. Il est doué pour la trahison et ne pourra jamais partager la vision claire divine ; tout ce qu’il voit, pense et accomplit est imparfait. C’est en quelque sorte la notion de chute chrétienne.

            La voie initiatique offre une échappatoire à cet état de fait, grâce aux larmes de la Veuve qui ouvrent à la Maîtrise. Elle verse des larmes d’argent, des rayons lunaires, où les frères pourront puiser la matière première pour faire de l’or. En correspondance avec la lune, elle change la nature de la pierre, la féconde par ses pleurs et introduit l’or divin en son cœur. Cet or est la Maîtrise, celle de ceux qui vivent dans l’unité de la Sagesse, les Initiés Passés à l’Orient Eternel.

            Le Principe de création, quant à lui, n’est ni or ni argent, mais il donne les deux quand il se pense, par son aspect féminin, blanc, d’argent, et son aspect masculin, d’or. En fait, ces deux métaux n’ont pas des caractères sexués et ils comprennent également en eux leur complément. L’argent, cette reine de la paix, a en lui la nature fixe mâle, et l’or est tout argent, bien qu’animé du feu masculin.

            Les larmes sont des émanations de la lumière du Principe et sont associées au regard créateur.

            Elles sont à la fois de la nature de l’eau qui féconde et de celle du Feu. Ce sont d’une part des langues de feu, symboles de la transmission de l’Esprit que reçoit le Maître en ressuscitant. Mais les alchimistes les nommaient aussi rosée ou eau de vie. C’est l’Eau principielle, à la fois terrestre et céleste, l’eau mercurielle, matière primordiale de l’œuvre alchimique.

            Rien ne se fait sans ces larmes qui se trouvent dans la pierre des origines. Elles sont joyeuses au sens d’ouverture à la vie, car elles autorisent la renaissance. Si la Veuve pleure la disparition d’Hiram, la fin de l’âge d’or qui va permettre une nouvelle forme de la création, ses pleurs purifient, régénèrent le corps du Maître. Ils le fertilisent, l’imprègnent pour être en harmonie avec la conscience universelle ; ils révèlent les puissances de vie. Le Maître obtient ainsi le pouvoir de voir et donc de créer. La transmutation qui s’opère dans l’athanor qu’est le sarcophage, change totalement la nature de l’être. Il se spiritualise. De conscience individuelle, il devient conscience universelle.


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