Recherche par mot clé
 
 
Qui sommes-nous
|
Quelques concepts fondamentaux
|
La pensée traditionnelle face aux courants de la pensée moderne

La hiérarchie causale
|
L'Initiation
|
Questions/Réponses
|
Chambre du Symbole
|
L'Initiation féminine
|
Bibliographie
|
Nous contacter

 
Rose

         Ce symbole est très souvent évoqué dans les traditions.

            Sa nature est liée au secret et à la Veuve. En effet, cette plante est couverte d’épines qui soulignent la difficulté qu’il y a à l’atteindre pour en percevoir le message. Elle se défend et ne se prend donc pas n’importe comment, faisant payer cher toute audace mal placée. La quête de la lumière et de la connaissance ne s’improvise pas et réclame certaines précautions. Le risque ne concerne pas la fleur mais celui qui s’en approche. Malgré cela, elle a été cultivée de tout temps dans des roseraies, jardins bien clos, secrets, difficiles d’accès. C’est la fameuse roseraie des sages, hermétiquement fermée, gardée par un dragon. Un jardinier s’en occupe ; il s’occupe avant tout des roses, et peut être considéré comme un sage, l’équivalent du Passé Maître. Cette notion essentielle de secret a donné l’expression « travailler sub rosa ». A cela s’ajoute la faible durée de vie de la fleur évoquée par Ronsard, ce qui renvoie le chercheur à la notion d’instant et donc d’éternité.

            Dans les cathédrales, il y a des rosaces ; dans l’édifice, nous sommes sous leur rayonnement, sous le secret de la lumière et de ses transmutations. La rose est symbole de vie, de lumière et de mouvement. La rosace laisse passer la lumière dans les deux sens ; de l’extérieur vers l’intérieur, elle anime le lieu de recueillement de ses couleurs multiples qui purifient la lumière extérieure ; dans l’autre sens, elle offre une forme harmonieuse et dynamique, fondée sur la roue et le mouvement. Elle enseigne alors de tenter d’aller du centre vers l’extérieur, et inversement, toujours en mouvement. Union de la lumière et de la forme, elle est l’étoile des sages qui guide et se déplace dans le ciel. Il y a donc plusieurs rosaces, en général trois qui ornent le transept et le porche. Celle du septentrion ne reçoit jamais la lumière ; celle du midi flamboie au soleil. La principale est à l’Occident et s’illumine aux rayons colorés du couchant, surpassant en surface et en éclat ses sœurs latérales. Le lien avec les trois grades initiatiques est évident. Les couleurs de l’œuvre se développent de l’absence de couleur, le noir à la perfection de la lumière rubiconde, en passant par le blanc d’une lumière trop forte et insoutenable. Cela nous renvoie à la « rose mystique », magnifiquement figurée au nord-ouest dans la voûte étoilée de Saint Riquier, en contrepoint de la « virgo praedicanta », ce qui confirme son lien avec la Veuve.

            La rose est un des symboles de la Veuve. Fleur de la plus haute sagesse, elle exprime l’Amour pur et la renaissance (« L’amour sera les roses qui bordent le chemin » dit Pamina dans la Flûte Enchantée). Quand le rosier fleurît, tout s’accomplit et se métamorphose. Dans la mythologie hermétique, il est dit que Vénus (la Veuve) est blessée à la jambe par un rosier ; alors la rose blanche devient rouge par le sang de Vénus. Souvenons-nous que l’âne d’Apulée retrouve sa forme en mangeant des roses rouges, signe de régénération et de transmutation. L’œuvre au rouge s’accomplit et finit par donner une rose d’or, signe d’achèvement et de vie en éternité. Cette rose hermétique est devenue la Pierre Philosophale, fleur et substance alchimique du grand Œuvre.

            La rose a pour fonction de transmettre. Ses fleurs sont odorantes et on en tire l’eau comme l’essence de rose. Le parfum, généreux et subtil, évoque la transmission spirituelle. Un proverbe arabe indique que « Le monde est une rose. Respire-la et passe-la à ton ami ».

            Sa beauté, maintes fois évoquée, vient de son éclat royal et joyeux. Elle suggère l’Harmonie.

            Elle est constituée de plusieurs cercles de pétales dans un déroulement d’étapes successives qu’ont exprimées les rosaces des cathédrales. Cependant, il y a là une déformation du symbolisme originel avec un jeu multiple de Nombres, comme pour la rose des vents.

            En fait, il s’agit avant tout de l’églantine qui comporte cinq pétales. Le Nombre Cinq génère le symbolisme central de cette fleur, en indiquant la clef de la création de l’univers. Il révèle la Divine Proportion ainsi que la concordance parfaite de l’homme avec cet univers. On retrouve le lien étroit avec l’Etoile flamboyante et la spirale de vie qui en émane.

            Plus même, la rose prend place sur la croix, symbole des Quatre éléments fondamentaux qui structurent l’univers et porte l’idée du Principe créateur. La Pierre Cubique à pointe est en fait la Pierre Cubique surmontée d’une rose qui en naît ; elle en est la quintessence. Celui qui maîtrise l’Art du Trait sait de quoi il s’agit. Cette alliance du Quatre et du Cinq génère le novonaire et la perfection vers laquelle tout doit tendre. Le centre de la rose manifeste l’axe du monde, ce point impalpable sur lequel il faudra bien un jour se situer. 


<<Retour

<<Accueil | Nous contacter | ^ Haut de page