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Vue

         C’est l’un des cinq sens dont l’homme dispose pour percevoir l’univers. L’information de l’œil est transmise au cerveau qui prend conscience du monde matériel. Mais la vue physique peut nous induire en erreur et elle ne nous livre que les apparences. « Ils ont des yeux et ils ne voient pas », disait Jésus. En fait, les organes de perceptions matérielles sont les supports de perceptions immatérielles.

            La lumière revêt à la fois la forme physique et la forme spirituelle. L’homme peut avoir conscience des deux. La vraie vision mène à la lumière céleste, au monde non-manifesté et éternel.

            La voie initiatique permet d’y parvenir par un long apprentissage. En effet, le profane est privé de la vision divine. Il porte donc un bandeau pour ne pas être ébloui par une lumière à laquelle il n’est pas préparé. A la fin de la cérémonie d’initiation, ce bandeau n’est pas retiré mais relevé sur le front, à l’emplacement du troisième œil. Ainsi, celui-ci s’éveille. Lui seul est capable de voir la lumière de l’origine pour la laisser envahir l’être. Le regard s’ouvre à la vision intuitive du réel intemporel.

            Dans les rituels de passage, on dit souvent à l’impétrant : « qu’il voie et qu’il médite ». La méditation est inséparable de la vue. Elle la stabilise, au-delà de l’image, pour aller à l’essentiel. Elle permet de sélectionner ce que nous regardons, car nous devenons ce que nous voyons. L’homme est un miroir. S’il regarde le désordre, il reflète celui-ci. S’il regarde la lumière, il devient celle-ci. En toute chose, la vision l’emporte sur la pensée.

            L’Apprenti, grâce à la purification par l’Eau, ouvre son regard à la réalité des symboles. Il sait que celui qui est resté aveugle ici-bas, le restera éternellement. Ce faisant, il déplace le siège de sa conscience à partir du cerveau, simple outil précieux mais limité, vers un point insituable matériellement appelé « coeur-conscience ». Celui qui voit par le cœur peut dire qu’il voit en esprit. Là se génèrent l’intuition et la perception transcendante de la réalité du monde.

            Le Compagnon évolue et voit l’Etoile Flamboyante. Telle est sa référence pour éviter de s’égarer dans l’étendue de la manifestation, son domaine d’investigation. Il la perçoit géométriquement, notamment par les polyèdres. Il voit la réalité de la forme au cœur de la Pierre et la révèle en la taillant.

            Les yeux sont deux. La vision est croisée dans le cerveau pour ne former qu’une seule image. Ce passage de la dualité créatrice à la ternarité donne accès à l’unité harmonieuse de la vie. L’énergie créatrice est toujours dualisée. Les fonctions de croisement et d’inversion permettent d’accéder à l’unité de l’être du Compagnon, qui est la clef de la pensée sans image. Cette pensée est directe, sans l’intermédiaire du cerveau. Elle est connectée à la vie.

            Le Compagnon doit voir le Temple et la communauté initiatique dans leur ultime réalité, dans le symbole intemporel qu’ils incarnent. Voir la Loge, c’est voir l’univers. Une communauté qui vit dans le mythe de création, notamment par ses rituels, est l’image de La Cause, sans être celle-ci. Elle invoque le Grand Architecte pour le faire venir, pour qu’il donne un sens à la tenue. Alors l’ultime réalité du Temple apparaît comme l’idée du Principe créateur dans son origine, hors du temps. Le Compagnon, par ce nouveau regard, devient un participant totalement inclus dans le Temple et donc un témoin de la lumière.

            Le Maître a accès à la capacité de création, car voir c’est créer. Tout commence par la perception du feu créateur. Il faut mettre à jour la racine du feu pour qu’il devienne perceptible par tous. Le feu permet de voir la vie dans toute sa plénitude. L’image du Grand Architecte est cachée dans le feu et se révèle par sa lumière. Voir, faire, créer, formuler sont des termes anagogiquement synonymes.

            Pour le Maître, la vision en plénitude montre l’harmonie parfaite et immuable. Alors, il voit la face divine. C’est Pharaon, l’homme accompli, qui fait l’accolade avec Amon, le Père des dieux; et ils ont même visage (cf. Karnak). Quand l’homme voit Dieu, il est à son image; pas avant. Avant, il n’y a que ressemblance, en commençant par la caricature qu’est le profane. Et on ne saura jamais jusqu’où la ressemblance peut aller. La tâche de l’homme est de tenter d’accomplir le pouvoir d’être à l’image de Dieu.

            Les tenues initiatiques servent à voyager dans l’invisible. Il faut donc y voir clair pour ramener des perceptions et les transmettre. C’est pour cela que « les regards se tournent vers la Lumière ». Mais cette vision deviendra un obstacle si elle n’est pas complétée par les autres sens afin de chercher la réalité dans toutes ses dimensions. La synthèse donne seule accès à une forme de vérité en globalisant les perceptions. Ainsi peut-on se situer en justesse au sein de la création pour résoudre le mystère de la vie et de la mort et répondre aux questions fondamentales :

                        Qui suis-je?

                        D’où viens-je?

                        Où vais-je?


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