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Sel

         C’est une substance cristalline blanche, friable, soluble, au goût prononcé et piquant, qui assaisonne et conserve les aliments. L’étymologie latine « sal » signifie aussi esprit piquant, finesse, stimulant, et au pluriel, plaisanteries ce qui montre que la joie et le bonheur sont indissociables de la voie et que celle-ci ne comporte aucune souffrance, aucune amertume. De tout temps, le sel a été un élément vital dans les sociétés et a donc servi de symbole selon ses caractéristiques.

         Sa sapidité est une des plus denses. Le mot saveur vient du latin sapere ce qui le lie à sapiens la Sagesse. Cette substance est indissociable de la Sagesse et l’on parle d’ailleurs du sel de la sagesse, mot synonyme du mercure philosophique. En Alchimie, il correspond aussi au VITRIOL qui est le sel des métaux et le sel de la pierre car toute pierre est sel. Il est dit que le dissolvant universel est un véritable métal, d’aspect sec et fibreux, de consistance solide, dure, de texture cristalline ; c’est donc un sel, pas un liquide ni un mercure coulant, mais une pierre ou sel pierreux.

         Dans la crypte, il est présent avec le Soufre et le Mercure. De cette ternarité va émaner la vie. Il peut être vu comme le résultat de l’action du Soufre sur le Mercure, c’est à dire de la fécondation de la matrice gestatrice originelle par le Feu primordial ; il y a résolution des contraires, fusion de polarités sous l’action de l’Amour divin et diffusion du troisième terme, le principe de vie qui anime la manifestation.

         C’est donc le sel qui donne la saveur aux choses, et tout particulièrement aux choses de l’esprit. Son caractère piquant et le mot spirituel sont synonymes. Marc (9,50) ajoutait que « tous seront salés par le Feu ». Ce sel des sages correspond au feu secret qui se corporifie en sel. On peut remarquer que la salamandre, qui vit dans le feu, signifie sel de roche ou sel solitaire (Fulcanelli). Pour Guillaume Durand de Mende, le sel est l’enseignement de la loi divine. Voilà bien le symbole des nourritures spirituelles. Autrement dit, en avoir sur soi signifie clairement vivre avec la spiritualité, et en recevoir est un salaire qui revient à augmenter ses perceptions spirituelles. Là se trouve l’accès à la connaissance, la révélation de la perception des lois causales et des fonctions créatrices, indispensable pour formuler le Verbe.

         Celui qui a toujours du sel sur lui est le Maître. Il connaît la loi d’Harmonie, met la spiritualité au centre de son existence et a une vigilance de tous les instants sur cet axe de vie. Nous parvenons là dans l’aspect Force. En effet, Marc (9, 50) précise : « C’est une bonne chose que le sel ; mais si le sel devient insipide, avec quoi l’assaisonnerez-vous ? Ayez du sel en vous-même et vivez en paix les uns avec les autres ». Matthieu ajoute (5, 13) : « Vous êtes le sel de la terre. Car si le sel perdait sa force, avec quoi le salerait-on ? Il ne vaut rien de plus que d’être jeté dehors et foulé aux pieds par les hommes ». Une spiritualité qui n’est pas vivante, forte, est rejetée. C’est pourquoi, à la Saint Jean d’Hiver, le sel est offert au feu pour qu’il en reçoive la Force, qu’il soit revivifié par une forme actualisée de la spiritualité. En effet, dans chaque tradition, on devient un jour ou l’autre prisonnier d’un dogme, c’est à dire d’une forme que l’on comprend mal ou incomplètement. Il faut sans cesse renouveler la forme de la tradition, corriger ce qui demande à l’être, introduire de nouvelles manières de faire qui rapprochent de l’enseignement de la Règle. Cette pratique est essentielle car une spiritualité n’est vivante que si elle s’exerce et pas seulement si elle se dit. Les pratiques s’actualisent selon le lieu et le temps sinon elles sont mortes.

         Alors, que résulte-t-il d’un sel vivant, fort ? L’Alchimie, encore une fois, nous répond en faisant ressortir le pilier Harmonie. Elle dit que : « Les quatre éléments se résolvent en trois principes : le sel, le soufre et le mercure principes matériels et tangibles de la pierre. Le sel est constitué de substance fixe et de matière volatile. Comme le sel participe à la fois du principe mercuriel par son humidité froide et volatile (Air), et du principe sulfureux par sa sécheresse igné et fixe (Feu), il sert donc de MEDIATEUR entre les composants soufre et mercure. Les quatre éléments sont assemblés deux à deux dans la pierre, parce que le sel possède en lui le Feu et l’Air nécessaires à l’assemblage du soufre-Terre et du mercure-Eau. Le sel est l’unique instrument d’une Harmonie durable » (Fulcanelli). Il est d’ailleurs aussi dit que le sel est un médiateur cristallisé, blanc et universel. Le sel de la spiritualité fait vivre la fonction de médiation qui est le rôle essentiel du Vénérable Maître entre les frères et le Créateur. Dès lors, reliant les êtres et les choses, le sel peut mettre en œuvre sa fonction de conservation qui s’oppose à la corruption et ouvre donc à l’éternité en rendant les êtres et les choses durables.


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