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Mesure

         Ce mot revêt de nombreuses significations ainsi que l’attestent les dictionnaires, mais la plupart ne concernent pas l’aspect ésotérique. La seule notion intéressante est celle de comparaison avec une unité de référence. Pour l’initié, celle-ci ne peut être que la Règle car l’ordre est la mesure de l’univers. On ne peut jauger que ce qui a forme. Ce qui est manifesté peut être mis en rapport avec la Règle qui a présidé à sa création.

         Le premier devoir de l’initié est de prendre sa propre mesure dans ses pensées, ses paroles et actions, tant vis-à-vis de son environnement que de lui-même. Qu’est-ce à dire ?

         Le grade d’Apprenti apporte la réponse : se situer par rapport à l’univers et prendre conscience de sa juste place dans la création. C’est pourquoi l’Astrologie est l’art développé à ce grade. Elle apporte un premier référentiel qui permet d’être utile au sein de la manifestation comme de prendre conscience des parts d’ombre et de lumière données à chacun à sa naissance.

         Cette intégration achevée dans le silence intérieur, l’être peut alors aborder un autre domaine : celui des fonctions créatrices révélées par la magie du compagnonnage et le secret de la Pierre Cubique. La géométrie est la mesure de la terre. Le Compagnon qui se préoccupe de l’étendue des mondes (cf. le niveau) doit donc les évaluer et maîtriser cette science. Il n’y a pas d’architecture sans elle. Mais par ailleurs les Nombres mesurent l’univers. Il y a donc à la fois un aspect quantitatif, notamment tout rapport s’établit entre deux dimensions pour générer des proportions, et un aspect qualitatif dans le sens d’évaluation. Jauger une chose revient à en connaître le Nombre.

         En effet, qui dit étude et respect de la Règle sous-entend connaissance des Nombres. C’est en effet par eux que l’on atteint la juste appréciation de toute la création. Notamment, les Egyptiens disaient que « Pi était la clé des mesures cosmiques ». Schwaller de Lubicz complète cette pensée par le développement de la « Tetractys» qu’il appelle mystique ou triangle divin car les neuf premiers Nombres entourent l’Unité primordiale. Ce premier triangle est de nature métaphysique. Celui de la manifestation sera la « Pentactys » où douze éléments entourent la ternarité fondamentale ; on a alors l’Incréé, au centre, révélé par les douze Nombres fondamentaux qui l’entourent. Ainsi se révèle le Zodiaque aux douze signes particularisés et dynamisant l’ensemble du manifesté. Et Schwaller de Lubicz d'énoncer : « En ce triangle de la Pentactys est tout le secret de toutes les mesures ».

I                                                                   I

I      I                                                            I      I

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Tetractys                                                      Pentactys

         Quant au Maître, sa transmutation l’a fait devenir mesure vivante, entièrement soumis et consentant à la Loi du Principe. Situé au centre de toute chose il vit en symbiose totale avec le référentiel divin. Il s’identifie avec la Règle. Celle-ci est à la fois la mesure de la création et celle de l’homme, puisque celui-ci est créé à l’image du Principe, ce qui est affirmé traditionnellement « dans les siècles des siècles ».

C’est pourquoi il a été dit, il y a quelques millénaires : « L’Homme est la mesure de toute chose » (Protagoras, puis Platon) ainsi que : « Homme, connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers » (Temple de Delphes). L’enseignement initiatique ne fait pas autre chose lorsqu’il met le futur initié en méditation devant la formule V.I.T.R.I.O.L. C’est en effet en se regardant avec, dirons-nous, son troisième œil, qu’il révélera la Pierre philosophale qui est en lui et qui correspond à la Pierre céleste d’où provient l’univers.

         Le Maître de la mesure est le Grand Architecte qui, sans cesse, ajuste les dimensions du cosmos et du temple. Il est d’ailleurs dit que « toutes les mesures de création sont cachées dans l’œil caché au cœur du delta ». Le Grand Architecte œuvre avec son Compas, sur le monde intérieur comme sur celui extérieur. Quand il se penche sur l’univers avec cet outil, il en vérifie la justesse, c’est à dire la conformité avec la Règle. Le Compas permet de reporter toute dimension à partir de la Règle et autorise ainsi tout tracé.

         Par contre, l’homme construit essentiellement avec la corde d’arpenteur qui entoure le Tableau de Loge. Elle délimite par le douze l’étendue du temple et donc ce qui existe. Mais en pratique, nous ne pouvons arpenter que ce que nous pouvons appréhender de l’univers pendant notre existence. Nous ne pouvons que rester à l’échelle de notre conscience. Dans le temple, l’unité de base est la coudée du Maître d’œuvre, la référence constante de l’édifice. Le Maître d’œuvre, incarné, est donc ici l’instrument de mesure du temple, à la fois règle et équerre.

         Afin d’accomplir tous ces tracés avec justesse, l’initié dispose des outils nécessaires et suffisants dans le temple :

         Par la perpendiculaire, il mesure la droiture de ses actes,

         Par le niveau, il en mesure l’assise,

         Par l’équerre, il en mesure la rectitude,

         Par le compas, il projette en tout et assure une harmonie,

         Par la règle, il trouve le référentiel de l’existence. 


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