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Abstrait

            L’étymologie latine est trompeuse. En effet « abstractus » signifie « qui sépare, qui isole ». Ce sens serait alors bien éloigné de la démarche initiatique.

            Le monde extérieur est accessible par les sens physiques. Ils révèlent ce qui est concret. Mais l’Esprit, inné en l’être, se pose des questions sur le mystère de la vie et veut dépasser les perceptions sensorielles. Il aborde alors l’abstrait.

            Celui-ci n’est pas préhensile par les sens matériels, ni par le mental, ni même par la pensée analogique. Par contre, la sensibilité initiatique qui utilise les sens immatériels, nourrit le Cœur- conscience, lieu où l’abstrait manifeste sa toute-puissance. On obtient alors une pensée de l’ordre de l’intuition. Ainsi accède-t-on à l’invisible pour tenter de le formuler dans une forme concrète. C’est en cela que Rabelais se surnommait « abstracteur de quintessence ».

            Là est le domaine de la pensée sans image, sans limites, déconditionnée des bornes du concret. L’abstrait ne s’oppose pas au concret, il le précède car il correspond, dans le phénomène de la création, au passage à la formulation.

            Pour l’atteindre, il faut remonter au concept. Celui-ci est à la base de toute création (cf. au mot « justesse » le développement du Quatrième Pilier, nommé Conception). Le concept, élaboré dans la connaissance de la Règle, donne accès au divin, aux lois causales et aux fonctions créatrices, donc aux mystères.

            Nul besoin d’être un grand intellectuel pour explorer ce domaine ésotérique. Plus la pensée est déconditionnée du mental, plus elle est pure et libre. Les pièges du mental mènent, dans cet univers, à des aberrations. Le savoir, les conventions, la morale, la spéculation intellectuelle sont inopérants. La démarche initiatique propose un cheminement précis qui sert de garde-fou. Il est dangereux d’y pénétrer sans passer successivement par le Symbole, le Trait et le Mythe.

            En effet, abstraire, c’est enlever la forme. Le symbole donne accès à la matrice qui structure la manifestation. On formule en l’utilisant, car c’est la seule écriture possible dans l’au-delà. Comme le dieu Janus, il a deux faces, l’une visible et concrète, reflet de l’autre, cachée et conceptuelle. Il est une porte sur l’invisible et une voie de navigation dans le monde des concepts.

            L’Art du Trait permet d’aborder l’étendue de l’abstrait. Celui-ci est au-delà du Trait, du visible. Bien que concret, le Trait a une pureté immatérielle et transcendante. La géométrie sacrée est ainsi une pensée non humaine qui donne forme à ce qui a été perçu dans l’invisible et qui ouvre aux techniques de construction. La Magie donne au Compagnon l’accès à un monde de Verbe et d’énergie, à l’abstraction du Trait, car elle est la clef du monde des formes.

            Enfin, le Mythe se présente sous la forme d’une abstraction anthropomorphisée, ce qui le rend accessible aux hommes. Mais il ne traite que des principes divins, dans la nature comme dans l’incréé. La vie dans le mythe est le fil d’Ariane. Elle se décline par le rite et la participation de tout l’être à la quête de la lumière au sein d’une communauté d’œuvrants animés du même désir et vivant la Règle du Principe créateur.

            Quatre exemples semblent utiles pour illustrer ces propos.

            L’abstrait peut se symboliser par la spirale, mais aussi par le livre fermé, celui de la vie, le plus invisible qui soit. Manifestation du secret en tant que fonction de création, il n’est pas pénétrable par le mental. Il faut le lire sans l’ouvrir. Nul ne connaît la forme de ce qui y est tracé. Nul ne peut connaître la forme de l’abstrait.

            Les quatre éléments sont la forme subtile de la matière et lui donnent ses qualités.

            La crypte du temple est la Chambre de l’abstrait, d’où sa forme difficile à déterminer.

            Le banquet est l’accomplissement abstrait de la tenue dans le temple couvert.


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