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Evolution

            Platon disait qu’il y a ce qui devient toujours et n’est jamais, et ce qui est et qui ne devient donc pas. La tradition nous convie à distinguer trois plans : l’univers, la Communauté initiatique qui voyage et l’individu.

            Le Principe créateur, incréé par essence, ne peut être qu’immuable dans son unité, dans son absolu.

            Dans la création, l’évolution semble être une constante, véritable sœur du mouvement. Il y a modification permanente des formes de vie sous l’influence des lois causales et des fonctions créatrices, au sein du déterminisme astrologique ou génétique. Tout est relatif, depuis la fécondation de l’ovule jusqu’à la mort en passant par la naissance, la croissance, la vieillesse. L’existence permet à la conscience d’évoluer, de passer d’un état instinctif à une union sacrée avec l’Esprit universel.

            Au-delà des individus, la science moderne distingue les espèces, estimant qu’il y a évolution, passage de l’une à l’autre (cf. le darwinisme), du simple au complexe. Ce n’est qu’une hypothèse, l’observation ne donnant que des sauts. Il n’y a que des mutations génétiques, changeant les caractères héréditaires, sans jamais donner de changement d’espèce. La mutation garde la nature propre contrairement à la transmutation qui change la nature. Actuellement, l’évolutionnisme s’identifie à la notion de progrès, indiscutable sur le plan technique, mais un non-sens sur le plan de l’être. Le progrès c’est le lendemain qui chante, le « demain on rase gratis ». Les archéologues affirment bien que l’homme de Cro-Magnon est identique à l’homme du 21ème siècle.

         L’espèce humaine évolue certes sans cesse, dans sa morphologie comme dans sa conscience. Selon le lieu et le temps, sa connaissance de la création se modifie, mais elle garde une conscience de la réalité sacrée, divine et unique, qui reste identique à travers les siècles. Cette conscience est aujourd’hui exclue de la pensée officielle mais demeure dans les divers ésotérismes de par le monde.

         Le monde n’est pas imparfait et allant lentement vers plus de perfection. Il est parfait, éternellement. Seule change la conscience qu’on en a. L’univers, essentiellement composé d’invisible, est. Le temple est intangible dans son principe. La Pierre Brute ne devient pas Pierre Cubique. Les deux sont éternellement à l’Orient. Mais l’initié voyage, passant de l’une à l’autre puis au-delà. La division divine donne les mille et une formes de la manifestation, l’éclatement d’Osiris, l’expansion de la conscience. Mais dans le cœur, le non-être, l’évolution n’a aucun sens, le Un étant toujours le Un, inépuisé.

         L’homme sera toujours déchiré entre l’évolution et l’involution, la terre et le ciel, le Un et le multiple, ne pouvant ni renoncer à sa nature humaine ni à sa nature divine. La spirale, figure ouverte, en est le symbole, ne passant jamais deux fois par le même point. Chaque instant diffère des autres. Dans le sens évolutif elle va se confondre avec l’univers ; dans le sens involutif, elle se referme sur son centre virtuel (notamment pour la spirale dorée). Comme l’échelle de Jacob qui se parcourt dans les deux sens, la recherche de l’infiniment petit et de l’infiniment grand est nécessaire. Quel plus beau chemin peut-on rêver, véritable moteur pour participer à la vie et donner un sens à l’existence ?

         En effet, les évolutions de l’univers ont un but, inconnu pour la multitude. Sa connaissance est l’apanage d’une infime minorité qui vit l’ésotérisme. Il s’agit du retour à la Cause, d’arriver, en conscience, au confondement avec le créateur. Tout l’univers tend à ce retour à la Cause unique, éternelle et lumineuse, lorsque les temps seront venus et tous les cycles accomplis. L’initiation occidentale propose aux individus de se renoncer à eux-même pour s’intégrer à une communauté, pour se relier à l’immuable, pour établir un lien éternel avec le Principe. Ils sortent de l’évolution et peuvent entrer ici et maintenant dans la conscience universelle. Cela passe par des éléments non humains que sont les symboles. Ils ne sont pas évolutifs et expriment la Cause intangible.

         La communauté initiatique voyage ; elle est en mutation permanente dans l’immobilité de l’invisible. Elle est sédentaire car ancrée dans l’invisible, et nomade car elle se déplace autour du centre inaccessible dans une transformation incessante en cohérence avec la Règle. Son évolution n’a de sens que dans le travail qui mène à un Chef d’œuvre accompli ici et maintenant. Le voyage dépasse l’individu puisqu’il concerne la conscience de l’univers qui s’élargit sans cesse. C’est pourquoi il est nécessaire d’adapter en permanence la formulation des rituels selon l’espace et le temps.

         L’individu doit passer par l’évolution pour constater qu’elle n’existe pas dans l’absolu. Il change constamment, anarchiquement et linéairement. Il se transforme sans fin. Tant qu’il reste profane, il se tourne vers le bas, vers l’expansion de la création et constate un monde évolutif qui lui semble fondamental, enrichissant, pour finalement se désespérer en s’apercevant qu’il n’en reste rien avec la mort. S’il entame le voyage initiatique, il réalise que l’on ne devient que ce que l’on est, que l’on ne peut qu’exprimer ses potentialités ou refuser de le faire, ce qui serait grave, une sorte de mort. Là est sa liberté, fruit de la libération issue d’un combat avec soi-même. Il se perfectionne donc selon ses capacités par un travail assidu sur les chemins de la sagesse dont il offre les résultats à sa communauté initiatique, en dehors de tout conditionnement, pour occuper sa juste place dans la création. En le formulant autrement, l’initié voit que la vieillesse est l’évolution de la jeunesse. C’est une illusion liée au temps. Personne ne devient Bouddha, Christ ou Hiram. En effet, cet être réalisé est en nous en puissance, dès maintenant, mais bien caché.    

         L’individu, materia prima transformable, se déchire, explose, se remet complètement en cause et commence à muter, à changer de mode de pensée. Cela se passe dans les Petits Mystères. En faisant « trois pas dans l’angle d’un carré long », il se plonge dans le cycle de l’évolution. Il se découvre lui-même ainsi que ses frères et la communauté ; il place son individualité au sein de l’universel. Puis il appréhende par les sens les lois et structures de la création. Le passage aux Grands Mystères est une transmutation en or vivant car l’être devient un élément intangible, éternel, intégré dans l’édifice comme un pilier du temple, pierre parlante. Il participe en conscience à la création permanente, ne s’arrêtant jamais.


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