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Naissance

            Tout ce qui est créé est né un jour, mourra donc et n’est que transitoire. Ce n’est qu’une image fugace du réel. Toute la nature a un commencement et est sujette au devenir. Le temps est apparu avec elle.

         Venir au jour implique des parents, une cause ; ceux de la nature sont la Mère universelle, la nature naturante, la Veuve, nourrice, réceptacle et lieu d’accueil, et le Père universel, le Grand Architecte de l’univers, à la fois modèle et génération. Puisque deux parents font apparaître l’enfant, Trois est le Nombre de la naissance de toute chose, mais dans son aspect secret. C’est d’ailleurs pourquoi, l’initiation, qui fait s’ouvir à la lumière, se fait en trois étapes, par trois grades, jusqu’à la réalisation totale qu’offre la Maîtrise. L’être n’est jamais seul. Il est accompagné et reçoit ainsi une transmission.

            Cependant, ce phénomène implique une conception et une gestation préalables que Neuf va parachever (il faut neuf mois pour faire un enfant complet, fini), d’où l’Ennéade et les offices d’une loge qui doivent être parfaitement épanouis pour faire paraître l’œuvre.

            L’Orient est le lieu de la source de la lumière, le lieu d’émergence du créateur, de sa venue à la manifestation. C’est pourquoi le Vénérable Maître d’une loge s’y tient pour faire naître ce qui est et ce qui n’est pas encore grâce à l’autel qu’il a devant lui. Tout initié naît à l’Orient, met en œuvre l’enseignement de la communauté et meurt à l’Occident, comme la lumière. Il est fils de la lumière. L’initiation est bien un changement complet de monde et d’état d’être. Maître Eckhart insiste bien :  « Quand j’étais encore dans ma cause première, là je n’avais pas de Dieu…j’étais libre de Dieu et de toute chose… quand je reçus mon être créé, j’eus un Dieu (naissance de l’homme et celle de Dieu s’accompagnent donc)… Avant qu’il y eut des créatures, Dieu n’était pas encore Dieu, mais il était ce qu’il était. Lorsque la créature fut et qu’elle reçut sa nature de créature, Dieu n’était pas Dieu en lui-même. Il était Dieu dans la créature ».

            Ainsi peut-on pénétrer dans la Connaissance qui est la permanence de la naissance (« naître avec ». L’étymologie vient du latin gnarus = qui peut générer, qui connaît, puis par perte du g, nascere = naître, nasco = chercher à connaître). Un initié est un être qui renaît chaque jour et vit ainsi en permanence la voie spirituelle. Toute son existence n’est qu’une suite de mort du vieil homme qu’est l’ego, et d’accession à de nouveaux champs de conscience, c’est à dire une intégration toujours plus intense à la lumière divine. La connaissance du cœur n’est pas spontanée ; elle apparaît par l’initiation, et seulement si la disharmonie n’est pas présente en l’être. N’est pas fils de la lumière qui veut. Le tablier ne fait pas l’initié et les efforts ne portent leurs fruits que par l’intégration toujours plus poussée à la Règle. La mise en œuvre des devoirs et la recréation quotidienne du rituel d’initiation sont incontournables pour que ces passages successifs de portes se concrétisent par un éveil réel qui engage entièrement l’être.

            Ce phénomène, pour s’accomplir dans le temple, est indissociable du symbolisme et des rites qui permettent d’aller de la conception mentale du divin à sa manifestation en pleine lumière grâce à un travail intense selon la Règle, mère des deux autres Grandes Lumières, Equerre et Compas. Le postulant devient un frère après une gestation dans la crypte, avec et par ses frères, grâce au rituel vécu par tous. Il change de monde pour passer à l’état d’initié.

            Il est toujours utile et efficace de penser en terme de naissance. Notre venue au monde ne résulte pas d’une volonté personnelle et constitue une mort au divin impliquant une mort permanente pour s’en échapper. L’être est alors marqué par une signature zodiacale qui déterminera des tendances avec lesquelles il va falloir vivre. Mais en dehors de cet aspect, nous pouvons toujours choisir de naître, de nous éveiller ou non, d’entamer une voie spirituelle, de changer de regard, en toute conscience. Là se trouve le véritable domaine de la liberté pour réaliser la libération de l’emprise quasi-satanique de l’ego.

            Par exemple, on peut se contenter de voir du pain sur la table du banquet ou bien considérer qu’il sort de la table d’offrande ; que le Vénérable Maître est assis sur son trône ou qu’il vient de ce trône de la sagesse qu’est la Veuve ; que le Maître est quelqu’un qui sait beaucoup de choses ou qu’il est né de la Veuve ce qui lui donne accès au Mystère. Percevoir ainsi les êtres et les choses donne accès au phénomène de la vie.

                Naître consiste donc à descendre du ciel, quitter l’universel indifférencié et venir à un particularisme, devenir un lieu où l’univers peut augmenter sa conscience.                                   


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