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I.2.1. La Mère et le Père universels.

La Mère et le Père universels. L’une réunit et fait vivre en elle, l’autre donne le pouvoir de devenir enfant de Dieu

« Si l’on vous demande : « d’où êtes-vous ? », dites-leur :« Nous sommes nés de la Lumière, là où la Lumière naît d’elle-même elle se tient droite et se révèle dans leur image ». Si l’on vous demande : « qui êtes-vous ? », répondez : « Nous sommes ses fils et nous sommes les bien-aimés du Père, le vivant ». Si l’on vous interroge : « quel est le signe de votre Père qui est en vous ? », dites-leur : « C’est un mouvement et un repos » (Evangile de Thomas 50).

 

« Le Soleil en est le Père, la Lune la Mère,

   Le vent l’a porté dans son ventre,

   La Terre est sa nourrice et son réceptacle » (Table d’Emeraude)

 

            La fraternité implique d’avoir les mêmes parents. Il en est de même des initiés, de ceux qui sont nés en esprit. Symboliquement, le Père est le soleil, la Mère la lune, tous deux issus du Principe de création symbolisé par le Delta lumineux. Ce sont bien les parents universels, originels, sans particularisation ; ils sont le Deux issu du Un, formant ainsi le Trois d’où émanent les 1001 formes de la vie manifestée. Dans cette trinité de l’origine, ce Deux a l’essence divine puisqu’il procède du Un, mais il participe aussi de la nature qu’il produit devenant ainsi capable de se particulariser dans chaque chose créée. Ainsi chaque homme, par sa parcelle de lumière possède une part de l’univers, et par l’initiation qui fait naître en esprit, il peut entrer dans l’universel, devenir cohéritier et responsable de l’univers. C’est l’universalisation du particulier car le tout est compris dans la partie.

            On peut se demander qui questionne dans la citation de l’Evangile de Thomas. Ce ne peut être un profane car il ne saurait être question de lui répondre comme il est fait ; ce serait de la folie. C’est la Communauté initiatique qui questionne, « leur » renvoyant à elle. La lumière se révèle en elle, dans la forme qu’elle a prise. Les questions/réponses sont un véritable viatique, équivalent à l’interrogation pratiquée dans nombre de loges maçonniques par le Vénérable Maître envers un frère qui entre dans le temple et n’a pas vécu le rituel d’ouverture.

            Commençons par le Père. Le soleil, c’est la lumière qui éclaire toute vie sur terre, issue elle-même de la lumière originelle (ce pourrait être le fond cosmique issu du big-bang). Ce soleil, symbole du Grand Architecte, issu du chaos primordial d’énergie. Le soleil est donc la lumière divine ; toutes choses sont nées de cette lumière, mais l’initié naît en esprit, c’est à dire en conscience (« l’initié a reçu la lumière »), et là où elle naît d’elle-même, dans la loge par la Communauté initiatique.

            Cette lumière se tient droite, dit Thomas. Elle rend perceptible directement, sans déviation, et elle rend droit l’homme qui la reçoit ; c’est notamment le cas du néophyte, courbé par la porte basse et qui se redresse dans le temple.

            Nous sommes des fils de la lumière, du Grand Architecte, le vivant car il n’y a pas de vie consciente en dehors de lui ; en dehors de lui il n’y a qu’existence, pas ou peu consciente de l’origine et du réel. Le Prologue de Jean nous dit que le Verbe donne le pouvoir de devenir enfant de Dieu, à ceux qui l’ont reçu, qui ont la foi-fidélité. Par ce Prologue, on sait que Verbe = Vie = lumière des hommes = Grand Architecte. Il est bien le vivant.

            « Pouvoir de devenir enfant de Dieu » n’est pas une expression simple. Le pouvoir est la possibilité, ce qui est entre les mains de l’initié mais ce n’est pas gagné d’avance, loin de là. L’enfant n’est pas l’enfant de chair ; si ce n’est pas le corps ce n’est pas non plus l’esprit puisque celui-ci est la part du Père qui est en nous ; il s’agit donc de l’âme qui a toujours le choix de se rattacher au corps ou de le faire à l’esprit. Quand Dieu est évoqué, s’agit-il du Grand Architecte ou du Principe ? L’initiation nous rend fils de la lumière et de la Veuve, nous l’avons vu. Mais il semble que le Verbe qui circule dans la loge permet d’aller plus loin et de devenir enfant du Principe (ce qui est certainement réalisable d’une manière équivalente pour les femmes dans une vraie initiation féminine), non sexué ; de devenir père-mère, roi-reine, le rébis alchimique, ce qui fait alors entrer dans la fraternité causale, sujet de ce deuxième chapitre de la hiérarchie causale.

            « La lumière se révèle dans leur image » ; il s’agit de l’image, de la forme particulière de la Communauté initiatique qui interroge. La lumière se révèle dans la forme de la Communauté. Certes, tout ce qui est visible n’est qu’une image de la réalité, une simple description des mondes. L’image n’a de réalité que celle dont elle est le reflet. Mais toute image, si elle est juste, animée par le rite, vécue dans le mythe, est un être vivant qui a une réalité agissante et efficace. Elle a une force de réalité qui la dote du pouvoir de faire advenir ce qu’elle représente. La Communauté peut faire advenir la lumière, la faire naître d’elle-même dans la loge (lui offrir les conditions adéquates) et la rendre consciente à ses adeptes. La Communauté initiatique est visible mais le mythe vécu, pratiqué en conscience, en fait l’image de la Cause. La lumière du Grand Architecte se manifeste dans la Communauté qui est son image ; il s’agit bien d’être à l’image de Dieu.

            « Quel est le signe de votre Père qui est en vous ? ». Par l’esprit, nous portons en nous la lumière de l’origine, l’étincelle divine. Le signe de quelqu’un est la manière dont il manifeste sa présence, son être. Le mouvement et le repos caractérisent le Grand Architecte (rien ne peut caractériser le Principe). En tant que lui-même, lié au Principe, dans l’incréé, il ne bouge pas, immobile dans le chaos primordial puisque le mouvement implique espace et temps qui n’existent pas dans l’incréé. Mais en tant que créateur, impliqué dans la manifestation, il change sans cesse, s’adaptant au lieu et au temps. Il est le monde et le monde évolue sans cesse. Il est le mouvement éternel.

            Pour ce qui est de la Mère, la Veuve, elle est vierge perpétuelle, toujours immaculée et en état d’être fécondée. Elle reçoit l’étincelle du Grand Architecte et lui donne forme pour donner naissance à un effet, un fruit en harmonie avec l’époque et le lieu. Sa virginité correspond au fait qu’elle est toujours d’une pureté intégrale qui lui permet d’enfanter en totale harmonie avec la Règle de l’univers. Feu fécondant, le Grand Architecte illumine les ténèbres de la matrice gestatrice, transmettant l’intégralité de la pensée de la Cause, permettant ainsi à sa filiation de devenir « enfant de Dieu ». Gestatrice des initiés, la Communauté initiatique est comparable à la Veuve. Principe actif, le feu du désir initiatique des frères la féconde, ce qui assure la transmission de la vie dans son principe.

            Précisons ici que la lune, comme symbole de la Veuve, est féminine (elle a par ailleurs beaucoup d’aspects masculins mais non liés à la Veuve). Elle est réceptacle, d’où la forme du croissant lunaire en forme de corbeille comme elle se voit dans les régions plus méridionales. Cette corbeille recueille, rassemble, réunit en un tout et fait éclore la vie en esprit ; elle fait vivre en elle. Apocalypse (XII, 1-2) : « Une femme enveloppée de soleil et la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles ». C’est la Veuve, la Mère, la Reine universelle (Douze). C’est ce qu’a magnifiquement représenté Dürer.

         La Table d’Emeraude apporte des précisions. Ce qui est en haut est le Ciel, qui porte le Soleil et la Lune ; il est le lien de l’au-delà. La Terre, réceptacle, est une autre forme de la Veuve, qui est donc en haut et en bas. Entre les deux, il y a l’Air (le vent), le souffle divin qui sépare en unissant le haut et le bas, qui crée l’espace de manifestation (c’est pourquoi les traditions disent qu’il y a quatre vents) où la lumière se répand (l’Air est lumineux précise le rituel d’Initiation). Les quatre éléments sont bien présents à la naissance en esprit : le Feu du Verbe/lumière, l’Air, l’Eau de la Lune, la Terre nourricière. Ainsi est en place la source de l’enfantement (les parents), la matrice réceptive et nourricière, l’espace où l’enfant de Dieu, l’enfant divin, doit s’épanouir, témoigner de son origine et faire vivre la fraternité cosmique d’où il est issu.

            C’est par la complémentarité et par la résolution des contraires comme du croisement de ces deux forces que se crée le vivant. La Cause, pour se manifester, a besoin de cette double polarité. Le Un, en se pensant, se heurte à lui-même et engendre la dualité, une résistance identique à son action qui engendre l’effet. Toutes les énergies incluses dans chaque parcelle de l’univers sont ainsi interdépendantes, étant des émanations de la conscience principielle.


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