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I.2.2. Les 4 éléments de l’univers sont reliés fraternellement entre eux

            Dans la hiérarchie causale, après avoir vu les trois mondes (incréé, invisible et visible), nous avons abordé la fraternité cosmique avec le Un qui devient Deux, le Père et la Mère universels, et maintenant nous allons voir le Deux qui devient Quatre, mettant en place la fraternité.

            Quel est la nature, l’origine des 4 éléments ? Ils sont issus de la dualité primordiale. Si l’on reprend la théologie héliopolitainne, toute la création se base sur l’Ennéade. Atoum-Rê, seul dans le Nou, produit le premier couple Chou-Tefnout qui produit le couple Geb-Nout. Ce premier Quatre, supérieur, idéel, primordial, correspond à nos 4 éléments. Chou/Air, Tefnout/Eau, Geb/Terre, Nout/Feu. Le lien entre Nout-ciel et le Feu n’est pas évident. En fait, Nout accouche chaque matin du soleil et l’avale le soir. De plus, Nout s’écrit avec le N, ligne brisée de l’énergie ; les cycles de l’univers ne fonctionneraient pas s’il n’y avait pas l’énergie qui donne mouvement et force, donc un feu générateur. Enfin, Nout porte la Lumière sous toutes ses formes : soleil, lune, étoiles ; c’est bien le Feu-lumière.

            Le dernier couple Geb-Nout a quatre enfants : Isis, Osiris, Seth et Nephtys qui forment à leur tour deux couples. Ce nouveau Quatre est proche des hommes qui peuvent s’identifier à Osiris par eux ; comme tel on peut considérer ce quatre comme inférieur et source de transcendance. R.A. Schwaller de Lubicz le met en relation également avec les éléments.

            Les éléments sont donc issus du Un et comme tels, sont fraternellement unis. Et ils ont chacun deux aspects, l’un supérieur source d’immanence et l’autre inférieur source de transcendance.

            Sous le premier, ils constituent la nature naturante, ce qui manifeste la vie ; leur maîtresse est bien la Veuve qui est leur origine première (Nou) ; ce sont des matrices de création, des éléments de la lumière et donc complètement immatériels.

            Sous le second aspect, tout en restant immatériels, ils donnent à la matière ses qualités.  Ils produisent et entretiennent la vie, donnent l’organisation de tout ce qui existe. En quelque sorte, ils correspondent aux quatre saisons de l’œuvre : printemps/Air, été/Feu, automne/Eau, hiver/Terre.

            Comment les éléments s’animent-ils ? Tout part de la signification du Nombre Quatre. Par le carré, c’est le début de l’existence manifestée ; c’est le Nombre de la manifestation formelle, des quatre orients, donc du cadre dans lequel se déroule la manifestation. C’est la base, le point d’appui sur lequel tout va se dérouler. A nous de voir chaque chose de la nature sous ce quaternaire.

            Le rituel d’Initiation est à la fois une création du frère par les éléments, c’est-à-dire la mise en place des quatre qualités de la lumière, une purification par eux ce qui éveille en l’être les potentialités de création, et finalement la possibilité de fraterniser avec les éléments. On ne peut fraterniser qu’avec ce qui est de même nature que nous. C’est ce qui justifie, par exemple, la possibilité pour le Vénérable Maître de dire aux deux saint Jean : « Mon frère le Feu… ». Le Feu étant inclus dans les trois autres éléments (cf. Hildegarde de Bingen, mais aussi la Pierre Cubique), il y a bien fraternisation avec tous les éléments.

            Mais tout cela n’a de sens pour l’initié que s’il est capable de concilier ces éléments au lieu de les voir séparément. C’est notamment le rôle des fonctions de croisement, d’inversion et de réciprocité. C’est ainsi qu’apparaît leur lien naturel : la quintessence, l’amour qui se place au centre du carré. On peut alors en percevoir leur complémentarité, leur mélange possible, leur compénétration, sans hiérarchie mis à part le Feu qui illumine les trois autres.

            Quelles expressions concrètes tout cela peut-il prendre ?

            C’est par exemple ce qu’évoque « La tourbe des philosophes » avec l’œuf et, dans le jaune, le point du soleil qui est le poulet, c’est-à-dire le produit, ce qui est généré au cœur des quatre éléments à chaque manifestation. Le soleil doit toujours être représenté avec un point au centre. Il est à la fois l’origine et la fin, le point en expansion qui fait le soleil et ce qui rend le soleil générateur grâce aux trois autres éléments.

            C’est encore le Tétramorphe entourant le Roi du monde, qui sont les quatre vivants, les quatre orients à la base de la transcendance : l’aigle/Air, le lion/Feu, le taureau/Eau (si on le met en rapport avec la nutrition et l’inertie de l’Eau) ou le taureau/Terre (si on le met en rapport avec la persévérance, l’obstination, la fixité, le laboureur), l’homme/Terre (tu es poussière…) ou l’homme/Eau (celui qui est capable de l’intuition des causes). Ce sont les quatre évangélistes entourant la mandorle qui enveloppe le Christ en gloire, celui qui est l’origine et la fin et qui concilie les quatre éléments en renaissant à la vie.

            C’est aussi la nature de l’homme. La Terre est le corps dans son aspect de chair qui donne forme et consistance à l’être et le nourrit en transformant les nourritures en sa propre substance. L’Eau par tous les liquides qui l’irriguent, notamment le sang et la lymphe. L’Air par les poumons qui distribuent dans tout le corps la qualité animatrice de l’Air. Le Feu, animateur de l’être qui rend vivant. Et sur le plan psychologique, les quatre tempéraments : sanguin (Air), bilieux (Terre), lymphatique (Eau), nerveux (Feu).

            Sur un plan plus élevé, enfin, la Terre est notre matérialité, l’Eau nos sentiments, l’Air notre intelligence (vraie et non intellectuelle), le Feu le rayonnement de notre esprit. Et l’on rejoint ainsi l’Evangile de Philippe en considérant que la Terre est la foi qui nous donne des racines, une origine retrouvée. L’Eau est l’espérance qui nourrit et désaltère sur le long chemin de l’Initiation. Le vent qui révèle le souffle divin et est un amour qui nous fait croître. Le Feu-lumière est cette contemplation des vérités éternelles et informulables qui nous rendent mûrs et nous approchent de la Sagesse.


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