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II.2.1 Le Temple, lieu de vie, et ses chambres

            Après la hiérarchie communautaire, nous entrons dans les mystères. Pour les Francs-Maçons, « Nous ne devenons réellement Franc-Maçon qu’à partir du jour où notre esprit s’est ouvert à l’intelligence des mystères de la Franc-Maçonnerie ». Il y a confusion avec le secret.

            Mystère a deux sens complémentaires :

- celui de rite ; un mystère se vit, s’expérimente, se pratique donc, par le métier et les rituels et donne ainsi accès à l’authentique réalité de la création, de la vie.

- ce qui est inaccessible à la raison humaine, donc à l’intelligence mais peut l’être par l’intuition, la sensibilité et le cœur-conscience ; c’est l’objet de la Connaissance. Par contre un secret est caché, et il faut le dévoiler par tous les moyens, dont la raison pour tenter de répondre aux trois questions : « D’où venons-nous, qui sommes-nous, où allons-nous ».

            Dans notre plan de travail, nous voyons donc où se pratiquent les mystères : dans le temple. Puis comment : par les rituels et par le travail comme les prises de conscience.

            Le temple est notre ciel par rapport à notre terre, le monde quotidien et profane. C’est un lieu stable car avant tout symbolique et non physique ; son orientation, ses proportions, sa disposition intérieure sont purs symboles ; il peut se situer n’importe où. Car le temple est à l’image de l’univers ; l’univers est le temple du Grand Architecte. Notre Orient n’est donc pas physique ; il est partout et nulle part, hors du temps donc synthèse de tous les temps. Le temple est notre patrie en tant que lieu où jaillit la lumière. Nous sommes nés de la lumière et allons donc vers notre origine ; tel est notre tropisme, comme toutes les plantes. Cela rend tout initié sensible à tout lieu de culte où le sacré  se pratique, ou s’est pratiqué.

            Nous pourrions donc nous passer de temple physique mais avec des risques d’égarement car nos moyens de perception ne sont pas illimités et parce que, tous les hommes ne voulant pas vivre le sacré, la concrétisation d’une vie spirituelle serait alors périlleuse. Il nous faut donc un ciel sur terre, hors de l’espace-temps profane, un temple réplique de l’univers et où tout se déroule « pour la première fois », expression qui nous sort du temps contrairement à « au commencement ». Ce ciel est notre toit, large et étendu, pour reprendre la belle étymologie du mot temple, fausse bien sûr, de Guillaume Durand de Mende, qui disait : « Quasi tectum amplum ».

            Il a quatre angles, des piliers, des limites ; le soleil et la lune, principes masculins, y règnent comme deux polarisations de la Lumière principielle.

            Il est composé :

-          Du sanctuaire proprement dit, avec le temple couvert. Celui-ci a trois parties : l’Orient, en demi-cercle, lieu d’apparition de la lumière, de création, puis l’espace de manifestation en forme de carré long argenté où se placent les frères, et enfin la crypte sous l’autel. Les lois causales y sont présentes par les trois piliers, la pensée du Principe par les trois Grandes Lumières, les fonctions créatrices par les offices.

-          La salle du banquet à l’Occident, lieu de transmutation.

-          Des chambres : celle du Milieu, celle du Trait, celle du Symbole, le péristyle (pour accueillir les postulants). Le franchissement des portes de ces chambres rapproche de la Cause.

            Le temple couvert, accessible aux initiés, n’est pas le lieu des hommes mais celui du divin. Il est construit pour son Maître, le Grand Architecte de l’Univers, afin qu’il daigne y venir si les initiés font ce qu’il faut ; « y venir » signifie être présent dans la conscience. Si les rituels et les travaux sont fait selon la Règle, il est présent ; si nous nous impliquons peu, il se retire (de notre conscience). Le divin habite là où on le fait entrer. Les rituels peuvent mettre en mouvement la Communauté et imprégner les frères de leur magie créatrice ; ils sont alors un authentique acte créateur de lumière et d’ouverture de conscience.

            L’ouverture des portes du ciel, c’est tout simplement l’ouverture des travaux. C’est pourquoi on ne peut se passer du rite. Il y a alors mise en contact entre des hommes et le divin et donc accès à une réalité ineffable ; mais en plus il y a renouvellement du processus de création que nous pouvons alors prolonger. La fermeture des travaux, après le banquet, est une préparation à la renaissance que nous vivrons à la prochaine tenue ; le divin retourne dans un au-delà que l’on peut qualifier de ténébreux (l’obscurité du temple couvert). Nous allons sans cesse vers notre patrie, vers le temple puisqu’entre deux tenues, nous préparons la suivante, ne serait-ce que par notre travail. Notre existence est un pèlerinage orienté, une marche vers notre patrie, toujours en voyage. Aller vers son origine, là où l’on est né, c’est rajeunir ; pas physiquement puisque c’est impossible ni sur le plan de l’esprit qui est éternel, mais sur le plan de notre âme qui, si elle nous est propre, a la capacité de s’universaliser. C’est sans doute cela réussir son existence.

            On ne peut pénétrer dans un lieu sacré, et donc dans le temple, sans être pur. L’initié a été purifié par les quatre éléments pour pouvoir devenir frère. Mais la pureté n’est pas permanente ; elle doit être renouvelée. Il n’y a aucun acquis définitif sur la voie et, à l’image du Petit Prince, il nous faut revisiter ce qui nous paraissait consolidé. C’est pourquoi nous déposons nos métaux à la porte du temple dans le tronc des offrandes. Ceux-ci seront purifiés puis transmutés. Le don, notamment de notre travail est le seul moyen de se purifier et de faire évoluer notre âme. Comme l’offrande est toujours réciproque avec l’invisible, nous pourrons être autorisés à passer la porte pour pénétrer dans l’invisible du temple.


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