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II.3.b Faire rayonner la fraternité causale dans le monde ordinaire

            Le mot ordinaire est surprenant et mérite toute l’attention. Il signifie exactement « ce qui est conforme à la règle, à l’ordre », donc qui est conforme à l’ordre normal (de norme donc règle et équerre) des choses. Malheureusement, il a pris le sens de banal, d’habituel. C’est donc l’homme qui rend le monde manifesté usuel, pauvre et plein d’habitudes ; en un mot sans grand intérêt d’où de profondes insatisfactions. Mais il a aussi le choix de revenir à l’origine et de le voir conforme à la Règle. Le monde en lui-même ne change pas et remplit sa fonction en permanence (ce qui est aussi le sens premier d’ordinaire).

            Le rôle d’une Communauté initiatique, au-dehors, est donc de contribuer à ce changement de vision. L’homme, par nature, est réceptif à la fraternité causale, à la spiritualité. Mais le rationalisme, à partir de la Renaissance en Occident, a développé le concept d’humanisme qui, en mettant l’homme à la place du divin, réduit le concept de fraternité à l’homme, finalité première. Ainsi le fini a succédé à l’infini d’où il résulte souvent une peur de la mort. Il s’est développé la trilogie : liberté-égalité-fraternité (entre les hommes bien sûr), malheureusement faux concept éloignant l’homme de toute possibilité de bonheur. La tâche est donc plus compliquée que dans les époques précédentes. Le rayonnement ne peut pas se faire en luttant contre ces trois concepts car cela ne ferait qu’entrainer une réaction brutale du monde habitué à cette trilogie. Aujourd’hui, peu d’êtres sont conscients de la réalité comme de la nécessité d’une pensée spirituelle basée sur le Mystère.

            Ce rayonnement est le premier devoir de la Communauté initiatique : « Que la lumière qui a éclairé nos travaux continue de briller en nous pour que nous poursuivions au dehors l’œuvre commencée dans ce temple ». Dès que cette phrase est dite, nous faisons une chaine d’union avant de nous séparer ce qui montre que c’est avant tout un devoir communautaire. Certes, chaque frère, par son comportement extérieur doit être un exemple vivant de quelqu’un qui a vaincu son dragon, c’est-à-dire ses pulsions instinctives qu’il doit contrôler et contenir. De plus, sa mission n’est pas simple dans un environnement en général hostile aux valeurs archétypales véhiculées par la Règle ou loi d’harmonie divine. Il est donc à contre-courant de la pensée commune ordinaire et des comportements standardisés

            Comme préalable, la Communauté initiatique qui veut rayonner doit travailler à la seule gloire du Grand Architecte et ne pas être de ce monde. Précisons ces deux points. C’est le Grand Architecte qui doit rayonner et être perceptible dans le monde et non des hommes, même initiés. Quand on parle de Grand Architecte, c’est en fait une approximation pour parler de la ternarité créatrice : Principe-Veuve-Grand Architecte, qui est indémêlable. Mais il serait très imprudent de dire « à la gloire du Principe », le Un n’étant pas perceptible dans le monde ni même dans les Petits Mystères.

            Il s’agit alors de transmettre des valeurs spirituelles fondamentales et éternelles, de montrer qu’elles sont vivantes grâce à une formulation en accord avec le temps et le lieu. La réalité de la manifestation n’est pas ce qu’elle semble et elle peut donner accès au Mystère de la vie ; celui-ci ne doit pas s’occulter et rester toujours accessible à ceux qui sont en recherche. A l’image du symbole de la grenade, il faut projeter des multitudes de graines pour que quelques-unes fertilisent la conscience de quelques êtres.

            Un initié, contrairement au mystique, vit dans le monde ; il n’a pas le droit de s’en détourner. Il l’accepte tel qu’il est, sans vouloir le changer (nous ne travaillons pas à l’amélioration de l’humanité ce qui serait prétentieux et impossible) mais il en fait le cadre de son existence. Par contre, il n’est pas de ce monde. Il est un passant qui ne se laisse pas manger par le monde car il y a incompatibilité entre un chemin spirituel et la mentalité du monde (le mot profane est bien réel) ; les buts sont radicalement différents. Il va s’agir d’ensemencer le monde tout en y étant un étranger. « Si vous ne jeunez pas au monde, vous ne trouverez pas le royaume » (Evangile de Thomas 27) ; « Le monde est un pont ; passe dessus mais n’y établis pas ta demeure » (Jésus cité par les musulmans).

            Dès lors, l’objectif est de faire en sorte que le Temple soit visible dans le monde, que tout un chacun sache qu’il existe. Libre alors à certains de vouloir l’ignorer ; mais dans la conscience des autres la terre apparaît couronnée par le ciel et cela seul peut harmoniser le monde. Le rayonnement c’est mettre en ordre la partie de l’univers où l’on se trouve, car nous n’avons pas encore le don d’ubiquité pour agir sur l’ensemble. Cela concerne donc ceux qui nous entourent ou un territoire plus vaste.

            Reste le comment. Par trois moyens.

            Par des œuvres intemporelles comme une pyramide ou une cathédrale, sans cible particulière. C’est un message émis dans l’univers au-delà des temps, des hommes, des lieux. Elles consistent alors dans des formes très variables selon le génie propre de chaque communauté. Ce legs est immortel, comme un trait de lumière visible de très loin, sans qu’on en voie la source. La trace laissée perdure hors du temps et de l’espace. Il y a nécessité de semer là où cela n’a jamais été fait. A ce niveau, l’initié ne se tourmente pas du fait que les hommes ne comprennent pas cette formulation ; advienne que pourra.

            Ce doit être aussi par un témoignage adapté au temps et au lieu. Dans le témoignage, il n’y a aucune volonté de convaincre, de faire du nombre, de faire du prosélytisme. Il ne s’agit pas de parole mais d’acte. Celui-ci est exécuté avec toute la conscience et toute la perfection possibles, dans un désintéressement complet du fruit de cette action ; c’est une simple obéissance à la loi d’Harmonie. C’est répandre la lumière, celle du Verbe, celle de la Vie. Cela peut se faire par des livres ou un site internet. « Quand la fleur de lotus est épanouie, les abeilles viennent d’elles-mêmes » (Vedas).

            Le troisième moyen est celui de l’enseignement de maître à disciple. Pour nous, le maître est la Chambre du Milieu. Il y a adaptation à la cible. Le support est donc avant tout oral, en dehors de tout dogmatisme figé par l’écrit. L’écrit ne peut être spécifique. Il faut donner à chacun selon ses capacités. Cela part du principe que l’on ne peut rien apprendre seul ; une bougie s’allume par la flamme d’une autre bougie ; sans ce contact, elle reste éteinte. C’est ce que nous tentons de faire dans des prises de contact individuelles avec des profanes ou des francs-maçons, ainsi que dans les Chambre du Trait et du Symbole. Il s’agit de s’adresser à des individus ou à des groupes qui ont des objectifs de réflexion d’ordre spirituel.

            Mais ces deux dernières formes sont mortelles car liées au temps et au lieu. La reformulation doit donc être constante. Il y a enrichissement permanent de la Tradition, de la conscience universelle, dans une création pure. Ce passage de témoin consiste en la sacralisation en conscience du monde dans lequel on vit. Il ne faut jamais oublier que les systèmes anciens ne peuvent plus fonctionner. L’authenticité est d’ici et maintenant et les recherches historiques peuvent constituer des pièges redoutables.


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