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III.3.c Réaliser ses potentialités et vivre au-dessus de son thème de naissance

« Dans le monde qui vient, la question qu’on va me poser, ce n’est pas « pourquoi n’as-tu pas été Moïse ? », non. La question qu’on va me poser, c’est « pourquoi n’as-tu pas été toi-même ? »… Que chacun agisse conformément au degré qui est le sien. Si tel n’est pas le cas, cependant, s’il saisit le degré de son compagnon, laissant échapper le sien propre, il ne réalisera ni celui-ci ni celui-là » (Le chemin de l’homme. Martin Buber).

« Chacun doit trouver en lui-même sa propre lumière : ce point est l’obstacle auquel se heurtent les chercheurs qui s’obstinent à comprendre au lieu d’éprouver » (La lumière du chemin. Isha Schwaller de Lubicz)

« Nous concevons la hiérarchie comme un corps vivant, formé de parties et animé par des organes, dont chacun possède son caractère et sa liberté et participe au miracle de la vie » (H. Hesse. Le jeu des perles de verre).

            En naissant à la vie terrestre, nous perdons notre universalité pour gagner notre inné particulier, nos potentialités. Chaque chose et chaque être vivant a un Nombre, signature du Grand Architecte, qui n’est pas une quantité mais une qualité qui lui permet d’accomplir ce pour quoi il a été créé.

            Pour un profane, ce déterminisme est un conditionnement, une forme d’emballage, de mise en condition, de limitation et d’aliénation de nos capacités d’agir ou de penser. Pour un initié, être soi-même, voilà une question fondamentale. Une première piste est donnée dans le rituel de table : « VM, apprends aux apprentis que la seule obéissance créatrice naît de la connaissance ».

            Le premier travail de l’apprenti est de travailler l’Astrologie sacrée, de comprendre que tout est lié dans l’Univers, qu’il n’en est pas détaché et que cette appartenance lui confère des devoirs ainsi qu’une fonction dans ce tout. Cette première perception de la Règle lui fait prendre conscience du déterminisme cosmique inscrit en lui ; il doit prendre toute sa place au sein de la création.

            Par l’Astrologie, l’initié recherche une mise en résonance avec l’Univers, à commencer par la communauté initiatique à laquelle il appartient. Par cette prise de conscience, il se rend compte de son déterminisme et de ses potentialités, de ce qu’il doit faire et il peut chercher à dépasser ce déterminisme, passer de l’instinct à l’intuition.

 

            En réalisant ses potentialités par l’action, il avance sur le chemin de la connaissance du cœur, comprend qu’il fait partie de la création du Grand Architecte de l’Univers et qu’il est un univers lui-même. Alors, il se met en mouvement pour réaliser son devoir, ou plutôt ses devoirs car il commence à parcourir un chemin de devoirs multiples, tous reliés entre eux.

            Lorsqu’il est immobile, l’homme nourrit de l’espoir et est passif. En se mettant au travail, en désirant réaliser une partie de ses potentialités, l’initié devient actif et abandonne l’espoir pour passer à l’espérance. Celle-ci est une dynamique qui l’entraîne vers le divin, vers le haut. En réalisant ses potentialités, il passe de la puissance à l’acte mais ce n’est pas un acte individuel : cela ne peut se réaliser qu’au sein d’une communauté initiatique qui nous permet de nous découvrir, de nous révéler à nous-mêmes.

            Découvrir notre thème de naissance, c’est découvrir l’ensemble des énergies et des influences avec tout ce qui nous entoure, et qui nous ont imprégnées lors de notre arrivée au monde puis par la suite. Il nous faut les découvrir, les accepter, voire les dépasser, ces différentes actions ne pouvant se faire qu’au contact des autres, nos frères. Trouver notre propre lumière est essentiel, et là encore cela ne peut se faire qu’au contact des autres, avec les autres. C’est un vécu propre à chacun ; si nous le comprenons aisément, le plus difficile et le plus long va être de l’expérimenter en loge et dans notre quotidien.

 

            Le frère va alors exprimer son étincelle de Vie selon la Règle. C’est le corps qui reçoit la signature zodiacale ; pas l’esprit ; quant à l’âme, elle n’en dépend que dans la mesure où elle est attachée au corps, maison transitoire qui va mourir et disparaître. L’âme ou conscience spirituelle doit se détacher du corps pour se lier à l’esprit et donc se situer au-dessus du thème de naissance. C’est s’éloigner de la matérialité pour aller vers la spiritualité.

            Le frère agit au mieux, selon la Règle et la recherche de l’acte juste au moment juste, sans se préoccuper du résultat, des fruits. Nos conditionnements sont certes inéluctables mais ils sont sans importance et n’influent plus guère que sur les états émotifs. Quand on se fie au destin, que l’on accepte ce qui arrive et ce qui n’arrive pas, aucune déception n’est possible. Comme disaient les latins : « Fata volontes ducunt, nolentes trahunt » ; le destin conduit ceux qui l’acceptent et entraîne malgré eux ceux qui ne l’acceptent pas.

 

            La Règle, encore une fois et toujours, est la base de cette libération.

            Don Juan (C. Castaneda dans « Le don de l’aigle ») résume la situation : « Il nous enseigna la règle du Nagual : le pouvoir qui gouverne la destinée de tous les êtres vivants s’appelle l’Aigle… L’Aigle dévore la conscience de toutes les créatures qui, vivantes sur terre l’instant d’avant et désormais mortes, ont flotté jusqu’au bec de l’Aigle, comme un essaim ininterrompu de lucioles, à la rencontre de celui qui les possède et qui est leur raison d’avoir acquis la vie. L’Aigle dénoue ces flammes menues, les met à plat puis les consomme car la conscience est l’aliment de l’Aigle… L’Aigle, quoique insensible aux conditions de toutes les choses vivantes, a accordé un don à chacun des êtres. Chacun, à sa manière et dans sa mesure, possède s’il le désire le pouvoir de conserver la flamme de la conscience, le pouvoir de désobéir à l’ordre de mourir et d’être consommé. Chacun a reçu le pouvoir de rechercher une ouverture. Pour le voyant qui voit l’ouverture, ou pour les créatures qui la franchissent, il est évident que l’Aigle a accordé ce don afin de perpétuer la conscience ».

            En vivant la hiérarchie de la loge comme un corps vivant et en accomplissant son devoir, le frère participe à la vie de cet homme communautaire et la communauté participe à la vie de chacun de ses membres. Il est une fonction : la règle, l’engagement, le devoir. Nous harmonisons la loge à travers nos fonctions, toutes reliées entre elles.

            Ainsi, la loge, communauté de frères, peut enrichir la conscience universelle par la réalisation d’une partie des potentialités à sa disposition, dans, pour et à travers le Grand Architecte de l’Univers. Ce sont des aspects parcellaires de l’homme universel que nous mettons en commun dans notre recherche d’unité.


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