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INTRODUCTION 1

            Qu’est-ce qui est universel ? Si l’on en prend l’étymologie latine « universalis », il s’agit de de qui est « relatif à tout, général, qui embrasse la totalité des êtres et des choses ». L’universel serait donc ce qui s’étend à tout, partout et en tout temps. On y retrouve la racine Un qui ramène l’ensemble à l’Unité. Cela renvoie à des notions telles que la vérité, l’absolu, l’éternel. L’occident matérialiste a toujours considéré à tort ses propres valeurs comme universelles, comme le souligne Françoise BALIBAR (physicienne et historienne des sciences) : « La notion d’universel a été construite au cours des siècles par des hommes, blancs qui plus est ». D’un point de vue matériel, la science nous explique que tout système isolé voit son entropie (ou désordre) augmenter. En revanche, seul l’Univers dans son ensemble et la Vie vont vers une complexité et un ordre croissants. On voit ici une première définition plus solide de ce qui est universel : ce qui concerne l’Univers dans son intégralité et jamais une de ses parties. Alors, l’universel s’oppose au particularisme ou à ce qui tient à conserver ses particularités propres et à ne pas les confondre avec le reste.

            L’univers est tout ce qui est et n’est pas encore, ce qui est créé, manifesté ou non, et les potentialités de création, donc l’incréé. Il est bien ce « Un » qui rappelle l’ineffable, le mystère total, l’éternel. Ce qui est universel peut donc être vu comme ce qui est porteur de toutes les valeurs du Principe de création.

            Si l’on regarde dans les différentes cultures actuelles et passées, deux valeurs semblent universelles et nous aident à approcher l’unité :

-        les Nombres. Leur origine se trouve hors de la manifestation et leur utilisation a traversé les siècles. On peut notamment citer le Nombre d’Or, Nombre de Vie ; il est ainsi également le Nombre de l’espace vivant et donc de ce qui est universel.

-        Les Symboles. On peut dire qu’ils sont à la fois une vibration en tant qu’expression du Verbe, un Nombre car tout est régi par les Nombres et une porte sur l’invisible.

            Le Temple peut être vu comme une incarnation de l’univers car il représente et symbolise l’ensemble de ses fonctions, et par là même de la création. Il permet de passer du multiple au Un et est le centre de la démarche initiatique.

            Alors l’Initiation est-elle universelle ? Dans son principe qui est la Vie, et qui n’a pas besoin des hommes, elle est universelle. Mais toutes les formes qui sont proposées aux hommes sont particulières et se basent sur une formulation humaine, et donc ne peuvent être universelles. Elles ne s’adressent pas à tous les hommes, mais seulement à ceux qui ont pu entendre son message et ont eu le désir comme la volonté d’orienter leurs efforts pour suivre une Voie spécifique qui, cependant, permet de remonter à la Cause ou Unité Suprême.

            Si l’Initiation dans son aspect vécu est forcément particulière et liée à une civilisation, elle est capable d’universaliser le particulier en proposant une voie permettant de rejoindre l’Unité. C’est pour cela que le Frère doit se mettre à l’ordre (« C’est la mise en Harmonie de nos idées, de nos sentiments et de notre comportement avec l’Universel et l’éternel » dit le Viatique d’Apprenti). Ainsi, comme la Vie, les lois de l’univers, la Loi d’Harmonie et les Lois Causales, l’Initiation dans son principe s’adresse à l’Initié primordial que toute la Loge tente d’incarner communautairement au travers des fonctions causales. En effet, pour une Loge initiatique, c’est le mythe de création qui révèle l’être universel et permet de vivre le temps d’une Tenue, ce qui a lieu hors du Temps.

            L’Initiation est liée à la Tradition ; toutes deux dépassent les hommes et les temps. Elles peuvent prendre différentes formes, mais, comme l’indique l’étymologie de tradition, elle permet de « donner à travers », « de transmettre à quelqu’un d’autre » ce lien qui unit le monde à travers toutes les formes de vie, manifestées ou non, visibles ou invisibles.

            Si la Vie est universelle, alors l’Amour l’est aussi car il donne cohésion à la Vie, et se concrétise par la fraternité qui l’est donc également en tant que lien entre les êtres et les choses et non comme un lien affectif.

            L’Univers étant sous-tendu par la Règle, celle-ci est également universelle car créée par le Grand Architecte de l’Univers et à laquelle il se soumet en tant que présence dans sa création.

            Plus généralement, pour l’homme, les interrogations sont universelles mais leurs réponses sont culturelles.

            Alors comment peut-on définir l’Homme Universel ? Pour cela, on peut distinguer trois types d’homme. L’homme en tant qu’individu, soumis à tous les phénomènes de la vie, face à la fatalité de son existence, doit prendre conscience de son état et rattacher sa conscience à l’univers par la Règle pour ne pas terminer seul face à la mort. L’Homme communautaire réalisé par une Loge vraie, avec son propre génie, sa propre vision du monde et qui voyage dans l’invisible. Enfin, l’Homme Universel que l’on peut voir comme un principe, un archétype, une représentation complète, englobante, de tous les aspects de l’homme, de ce que peut être l’homme. C’est donc un espoir, une dynamique, un objectif qui ne sera jamais atteint individuellement. Il est fait d’énergie, de conscience et s’alimente de la conscience des individus comme de celle des Communautés initiatiques.

            Il n’est donc pas un mélange de tous les hommes, mais une synthèse de toutes les polarités de la Création à l’image du Dodécaèdre Etoilé et du Zodiaque, symbole de l’Univers à travers ses douze potentialités représentées par ses douze signes. Pour l’Egypte ancienne, ceux-ci correspondent aux douze heures de la course du soleil pendant le jour ; c’est ce que nous exprimons puisque nous travaillons de la première à la douzième heure (midi à minuit dans la plupart des loges).

            C’est pour cela que cet Homme Universel ne pourra être approché qu’à travers une Communauté initiatique soumise à la Règle et cherchant à retourner vers la Cause. C’est elle qui peut reconstituer ce qui est épars et notamment cet Homme Universel assassiné et démembré, en mettant en œuvre le processus de Création. En effet, cet Homme a, à l’origine, la taille de l’Univers, puis il éclate en différentes fonctions vitales. Notre symbolique est donc éclatée (à l’image du Tableau de Loge) et ses parties du corps sont symbolisées par les signes zodiacaux, que nous devons reconstituer (ou en d’autres termes en nous universalisant).

            Mais pourquoi Homme Universel plutôt que Dieu universel ? Un dieu est toujours une vision humaine, une formulation particulière, généralement liée à une religion. Notre conscience étant humaine, elle est marquée par des archétypes humains d’où l’appellation d’Homme.

            Ainsi, la Communauté initiatique, rassemblant des êtres différents, est un véhicule permettant de se rapprocher de l’Homme Universel. Pour cela, il lui faut voyager dans le corps invisible de l’Homme Universel, dans l’invisible. Notre but est donc de rendre visible cet invisible, et notamment de percevoir les caractéristiques de l’Homme Universel dans son aspect invisible pour voir comment les actualiser ici-bas.

            Mais comment définir l’invisible ? D’un point de vue matériel, on peut en avoir une première perception par ce que nous en dit la science : l’espace perceptible serait rempli de particules, parmi lesquelles les atomes qui seraient constitués à plus de 99% de vide. De même ces particules ne représenteraient qu’une part infime de l’Univers. Le reste serait formé de champs, d’énergies sombres ou pas, de matière noire… Pour Ruper SHELDRAKE, les forces de l’invisible qui organisent la nature animée se dessinent sous forme de champs, résultant d’une activité vibratoire, loin de la mécanique newtonienne.

            D’un point de vue symbolique, il s’agit des énergies, des influences, des souffles de vie, des vibrations qui agissent sur nous et sur ce qui nous entoure, mais que nous ne pouvons percevoir rationnellement. Visible et invisible sont deux mondes inversés. Le visible n’est pas réel car en changement permanent : il est la simple image toujours en mouvement de l’invisible qui est seul réel, du moins dans la partie où il se rattache étroitement à l’incréé ; là est le monde des causes, « la mer sombre de la conscience » de CASTANEDA, et peut-être la matière noire de la physique. Les cinq sens matériels ne sont pas suffisants et il faut donc découvrir les sens immatériels. On peut s’en approcher par les expériences que nous vivons souvent lors de nos Tenues, à travers nos échanges, quand, à l’écoute des propos des Frères, des idées nous viennent, et leur viennent, sans que nous les soupçonnions auparavant. C’est une sorte d’intelligence communautaire qui se met en mouvement, et qui permet d’avancer dans un monde que nous ne percevions pas auparavant. C’est la dynamique communautaire qui se met en place.

            Mais il ne faut pas confondre invisible et mondes intermédiaires, occultes et dangereux contrairement à l’invisible où l’on voyage communautairement par le rituel et la Règle en présence de la Veuve.

            La porte de l’invisible est celle du Temple. A chaque Tenue, on la franchit et on pénètre dans le ciel où l’on peut voyager dans l’invisible avec la Communauté, car celui-ci est manifesté par les Trois Grandes Lumières. Tous les outils qui nous sont donnés, notamment par le Tableau de Loge, servent à manifester cet invisible à partir de notre mythe, lui donner une forme qui sera certes transitoire, mais utile.


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