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INTRODUCTION 2

         Il y a un lien étroit entre l’homme et l’univers ; tout est relié et donc le microcosme avec le macrocosme. L’homme est à l’image de l’univers, à l’image du divin. En fait, il est un temple, et le temple est à l’image de l’univers. A propos de ce dernier, Albert Einstein disait que ce qu’il y a de plus incompréhensible dans l’univers, c’est qu’il soit compréhensible. Il est ordonné. L’univers et son ordre sont une sorte de cocon qui nous enveloppe avec sollicitude pour tout ce qui vit en harmonie avec lui. Explorer l’Homme universel serait donc rechercher l’ordre dans ses manifestations ; mais il n’est pas un homme en tant que créature. L’univers sans l’homme continue à fonctionner, preuve s’il en faut qu’il n’est pas indispensable.

         En naissant sur terre, nous sommes morts à l’universel (notion de pêché originel ?). C’est l’unité qui se parcelle ; nous sommes alors particularisés, isolés. Cette naissance, cette existence que nous recevons, et à laquelle nous tenons tant, est en fait une mort appelant une renaissance. En « tombant » dans la manifestation, nous sommes coupés de la communauté de l’univers. Pour redevenir vivant, il faut nous relier à l’univers. C’est ce qui est proposé aux initiés, car explorer l’Homme universel, revient à rechercher le lien qui nous unit à lui. Le rituel nous précise : «  Quel est le lien qui nous unit ? Une Loge initiatique ». Nous sommes unis à la vie en esprit par la Loge. Le but de la Communauté initiatique est la préservation des voies traditionnelles qui mènent à la Connaissance. Elle fait vivre le principe de Communauté universelle symbolisé par l’Homme universel. Cela ouvre à la perception de tout ce qu’il est possible d’être et de faire, et peut être à notre finalité, au service du Grand Architecte, le créateur. La Loge, à chaque Tenue, tente de faire apparaître l’Homme universel, celui qui a la connaissance de tous les aspects de la création, celui qui est hors du temps et de l’espace, qui est partout à la fois, celui qui formule la pensée du Grand Architecte de l’Univers. Ainsi, l’Homme universel ne peut être réellement perçu et réalisé que par la mise en œuvre des rituels.

         Explorer l’Homme universel consiste à appréhender nos rapports avec le tout, à entrer dans sa pensée pour atteindre la pensée universelle qui baigne le monde, cette conscience qui nous environne et qui s’élargit sans cesse par les individus et surtout par les Communautés initiatiques. Il s’agit de lire dans cet Homme, d’acquérir sa science qui est la véritable science humaine.

         Explorer l’Homme universel, c’est aussi dépasser les limites du temps pour entrer en connexion avec l’infini ; c’est comme si le temps allait si vite qu’il n’y avait plus qu’un seul instant permanent, sans passé ni avenir. Cela passe par la pensée symbolique et la découverte des archétypes que sont les signes du zodiaque.

         Ces valeurs universelles sont les parties du corps de l’Homme ; ce sont des principes, des idées mères, des causes qui se manifestent de manières extrêmement diverses chez les individus marqués par ces signes. Ces idées s’expriment aussi bien sur les plans spirituels, psychiques ou corporels, sur tous les plans de la conscience. Leur ensemble est la mesure de toutes choses et forme toutes les manières de considérer la vie.

         Dans certaines religions, ces archétypes sont représentés par des dieux, ce qui les rend vivants, perceptibles et donc plus facilement accessibles. Il va donc s’agir de connaître le divin dans toutes ses manifestations, de parcourir ce corps comme le soleil parcourt le zodiaque, en quelque sorte monter dans la barque du soleil et parcourir le cycle de la lumière. Chaque signe, chaque organe exploré, est une entité capable d’assumer une ou des fonctions essentielles à la vie de l’ensemble. Nous chercherons donc la fonction de chaque signe.

         Chacun est à analyser, mais il nous faut surtout en rechercher les liens avec les autres ; c’est ainsi que nous rassemblerons ce qui semble épars pour faire vivre l’Homme universel dans notre conscience, le réaliser ici-bas. C’est sans doute la raison essentielle pour laquelle il n’y a pas réellement d’initiation individuelle en dehors d’une Communauté initiatique, car celle-ci peut vivre plus ou moins tous ces archétypes, ce qui est impossible à l’individu ; chaque signe ne vaut que dans l’ensemble. C’est pourquoi seul importe de faire vivre la Communauté initiatique, donc l’Homme universel, et de transmettre ce vécu.

         Cependant, l’exploration peut  aller plus loin. En effet, selon Christiane Desroches Noblecourt, « Les signes du zodiaque racontent la légende osirienne, vie, mort et résurrection. Les Egyptiens n’ont pas connu l’astrologie prédictive ». Autrement dit, parcourir ce corps, c’est vivre notre mythe : à la fois le Maître assassiné, démembré et reconstitué, et la construction du Temple ; les signes parcourus circulairement donnent l’enchainement alchimique des douze heures du jour et des douze heures de la nuit. Nous ne développerons que peu cet aspect, mais il faut savoir, dès le grade d’Apprenti, que le Zodiaque est au cœur des Grands Mystères. Nous nous contenterons du parcours selon le fil à plomb. 

         Il est intéressant de considérer l’enluminure des « Très riches heures du Duc de Berry » figurant au début de ce plan de travail (début du XVème siècle). Chaque signe, donc chaque partie du corps, est à la fois situé sur le corps de haut en bas et sur le zodiaque en mandorle et tous enserrés dans une petite mandorle. Le parcourt des signes se fait à la fois verticalement du plus haut, la tête, le « bélier », vers le plus bas, les pieds, « les poissons », et circulairement dans le zodiaque.

            L’Homme est dans une mandorle. Dans les représentations du moyen-âge, c’est la forme d’amande dans laquelle s’inscrit un personnage sacré, en général le Christ, parfois la Vierge ou un saint. Ici, c’est l’Homme universel, au sein de la lumière éternelle, dans la matrice de la vie, parfaitement asexué. Il est double, soit parce que de chaque côté du miroir céleste apparaît l’Homme zodiacal et l’homme naturel (mais les positions des deux êtres ne sont pas les mêmes ; c’est donc plutôt l’Homme universel, celui qui nous regarde, qui nous transmet un reflet du Un qui nous tourne le dos, donc guère perceptible), soit pour indiquer que cela concerne les deux sexes, interprétation renforcée par les deux personnages, homme et femme, se tenant sur les biceps.

         Une mandorle est formée de deux arcs de cercle ; cela indique que le personnage qui est figuré à l’intérieur est indispensable pour passer entre les deux cercles, le monde terrestre et le monde céleste ; il est une porte pour réaliser l’unité harmonieuse, et chaque signe, dans une mandorle, est aussi une porte vers le Un par laquelle il faut passer. L’aspect céleste et éternel est renforcé par la couleur bleue.

         Qu’en résulte-t-il pour les frères ? Aucun n’est un surhomme ni un être complet. L’initié se doit d’être authentique, intégré dans l’univers de la Loge, conscient de ses points forts comme de ses points faibles ; il met en pratique ses devoirs initiatiques et est en capacité d’obéir à la Règle.

         L’exemplarité, l’impeccabilité et la capacité d’agir au bon moment et dans le bon matériau sont, pour lui, des états d’être à acquérir pour, au final, être reconnu par la Loge comme un Frère, une fonction.

         Apprendre à écouter, s’ouvrir au sacré et intégrer la parole des anciens sous la forme des symboles figurant dans le Temple, permet aux frères de prendre conscience de leurs conditionnements individuels, de leurs dogmes, et de s’en débarrasser. Vivre le langage symbolique en plénitude est certainement le meilleur moyen de libérer chacun de ses entraves. Cela permet non plus d’agir selon des pulsions personnelles, mais de vivre et d’agir en fonction du Principe universel. C’est ce que l’on peut appeler « vivre le Principe » qui est la cause de notre individualité mais aussi le point de retour de celle-ci.

         Prendre conscience de nos potentialités par une mise au travail et une remise en cause permanente, nous permet de ne pas rester immobiles, tout en percevant que la vie est création permanente. Percevoir cette réalité, c’est comprendre que tout ce qui naît dans le temps meurt dans le temps. Ainsi, construire au plus près de la cause, permet aux initiés d’être hors du temps, de construire en éternité, et ainsi de ne pas gâcher l’énergie inutilement.

         Plus les êtres s’ancrent dans l’individualisme et la matérialité, plus ils s’éloignent du Principe. A l’inverse, s’orienter exclusivement vers lui crée des êtres détachés de la manifestation. L’initié n’est pas dans ces extrêmes, et pour lui, agir en fonction du Principe, c’est vivre la Règle et prendre conscience que l’univers est un tout qui se perçoit à tous les niveaux de la création, et cela aussi bien dans les petites tâches que dans les grandes, pour rester sur un plan humain.

         Dépasser son propre déterminisme n’est pas s’oublier, oublier son propre zodiaque, ses propres inclinations, mais d’aller au-delà. La Loge, qui est à l’image du cosmos, est le lieu où l’on peut explorer les énergies par la place que l’on a reçue. Cette place évolue au cours de notre cheminement initiatique. C’est la seule méthode qui nous permet d’aborder en toute conscience d’autres perceptions que la nôtre. Nous pouvons explorer la conscience de l’Homme universel en nous connectant avec nos frères.

         Un homme ne peut percevoir seul tous ces aspects. Par contre, au sein de la Loge, chacun peut prendre place en conscience et ainsi tenter de faire apparaître l’Homme universel. Il est de notre devoir d’agir et de pratiquer avec intensité cet art de vivre que nous appelons l’initiation. Cet art consiste pour l’essentiel à apprendre à mourir de son vivant, à réaliser chaque geste, à prononcer chaque parole comme étant un don au Principe et surtout comme s’ils allaient être les derniers. Cela passe inévitablement par le service et le don qui amènent à la création de la Loge lors de chaque Tenue, au travers des fonctions de création constituantes du corps communautaire. Ainsi se transforment nos destinées individuelles en une destinée communautaire.


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