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I.2.b LA FORCE DE L’AMOUR (Règle ; construction, conviction ; communion)

          L’Amour est une force Universelle qui anime la Vie. Elle est la mère et la plus puissante de toutes les forces, agit dans l’invisible et est source de toute dynamique harmonieuse. Elle peut tout, agir partout et en toute chose. Elle anime la Vie, et donc nous-mêmes, même si nous n’en n’avons pas conscience. Elle s’oppose à l’entropie, qui est une manifestation du désordre, car elle tend à ordonner l’Univers.

          Un des buts de la vie initiatique est de retrouver la conscience de sa réalité, de la découvrir, et de la faire vivre en nous. Elle émane du Principe et obéit aux lois vitales. Cela en fait la base incontournable de toute sagesse, la référence de l’Initié dans ses pensées, paroles et actes. C’est une force sans laquelle rien ne peut se mettre en œuvre. Elle est ce qui nous attire et nous relie, rassemble les êtres et les choses, et parle à notre Cœur-Conscience. En tant que principe immuable, elle balaie les douze signes du Zodiaque. C’est une énergie universelle, consubstantielle à la Cause, qui doit réconcilier les contraires à travers le ternaire.

          Alors que peut l’Amour ? Elle est le socle de la Création. Elle se met concrètement en œuvre par l’action de la Règle avec conviction, cette dernière étant la seule à pouvoir aboutir à une construction réelle du Temple à la condition que chacun ait le désir permanent de communier avec ses Frères.

        L’acceptation de cette Règle est ainsi nécessaire, et c’est un choix pour l’Initié, qui en fait une règle de vie. Celle-ci repose sur des principes immuables. Mais quels sont-ils ? Seul ce qui est dans l’incréé, hors du mouvement et ce qui en est la cause est immuable. Ce qui nous relie à cette immuabilité est donc ce qui nous rattache à l’incréé, en premier lieu notre esprit individuel, parcelle de l’Esprit Universel, de lumière, mais également l’esprit de la Loge, son égrégore. Cette conscience développée en Communauté à partir de nos méditations, de celles de chaque Frère est le principe invariable qui permet notre relation à l’invisible. Notre invariant est notre rapport avec le Principe de Création par l’intermédiaire de la Veuve et du Grand Architecte de L’Univers.

          La Règle Divine, que l’on peut également appeler « règle de création », est une sorte d’absolu, puisque le Grand Architecte de L’Univers lui-même s’y conforme depuis qu’il a créé. Elle prend la forme d’une Règle de Vie pour les membres d’une communauté initiatique. La voie initiatique nous propose cette règle de vie et de nous y confondre. Cependant, elle n’est pas un dogme, c’est à nous de la trouver, de la comprendre, et de la faire vivre en nous.

          Elle se manifeste par notamment le rituel, que nous devons découvrir et vivre au plus profond de nous. Les Initiés doivent incarner une règle dans laquelle seul l’essentiel est formulé. Cela signifie que la règle initiatique doit être un moyen de vivre en communauté, de tendre vers la Connaissance et d’en percevoir le secret, qui est celui de la création.

          La mettre en pratique, c’est découvrir l’œuvre divine et la rendre perceptible au travers de chefs d’œuvre comme autant de témoignages de notre perception du sacré et comme autant d’offrandes au Grand Architecte de L’Univers. Nous œuvrons pour fixer l’immuable ici-bas. Ce n’est jamais de l’immobilisme, mais le sens de la Règle, quoi qu’il arrive ; le taureau est celui qui ne dérive jamais. Il est à noter que la différence entre la Règle et l’Amour est très faible.

          Une autre approche de l’immuable passe par l’Amour. Il s’agit bien d’un acte divin qui concerne en premier lieu le ternaire créateur. A nous d’accepter de le recevoir et de le vivre. Mais qui dit recevoir ne dit pas posséder. En effet, c’est lui qui nous possède, et non l’inverse.

          Les hiéroglyphes égyptiens nous montrent comment le vivre notamment à travers le plus beau et le plus simple symbole de la construction concrète du temple qu’est la pyramide. Elle se dit « MR », ce qui signifie également « amour ». Ainsi, en construisant le temple, nous concrétisons l’amour et lui donnons une force de présence. Mais « MR » a d’autres significations. Tout d’abord, celui de « canal ». En se référant aux techniques de constructions des égyptiens anciens, au commencement de la construction d’un temple étaient creusées les fondations qui se remplissaient de l’eau de la nappe phréatique du Nil. Cette eau permettait de conduire et diffuser l’énergie primordiale nécessaire à la construction.

          Un autre sens de « MR » est la « houe ». Elle était utilisée en agriculture, mais également en terrassement pour creuser et nettoyer les bassins et canaux. Ainsi, elle permettait de prendre l’énergie du canal pour la stabiliser dans une forme, à l’image de ce que nous pratiquons en Tenue où nous reconnaissons et faisons circuler cette énergie à travers le rituel et la circulation de la parole. Les énergies particulières qui viennent des parcelles présentes en chacun et qui s’expriment, sont recueillies par le rapporteur qui en fait une pyramide, expression de l’amour communautaire. Cette pyramide/rapport est une énergie qui unit le ciel et la terre. Cette pratique convergente du plan d’œuvre permet de renforcer la communion et de nous créer les uns par les autres.

          L’Amour demande une implication totale dans la règle de vie, et un questionnement permanent. Pour ouvrir ses portes, il est nécessaire de résoudre cette dualité et donc de faire preuve d’une certaine conviction, par rapport à nous même. En effet, les efforts que nous devons fournir ne sont ni évidents, ni naturels, mais ils sont indispensables car ils nous poussent à nous reprendre en main, à nous remettre en question en permanence, et à refuser toute certitude intellectuelle bien que plus confortable. La conviction n’est donc pas à opposer au doute.

          Nous devons être en permanence vigilants concernant nos choix, notre attitude et notre persévérance. C’est la certitude du cœur, à opposer à la certitude intellectuelle. Elle résulte de la  connaissance, de la sérénité et de la liberté intérieure. Pour l’obtenir, au-delà de la démarche profane basée sur la raison et la démarche dite scientifique, en initiation, on ajoute à travers les Petits Mystères, l’intuition et les sens immatériels, notamment l’œil du cœur. En outre, la conviction est de la nature du feu de l’amour, celui qui fait palpiter notre cœur. Ces trois aspects sont nécessaires et doivent devenir opératifs chez les Frères.

          L’amour se construit et se révèle au travers de nos tenues rituelles, des chaînes d’union, des fêtes solsticiales et de l’ensemble des formulations de la communauté. Ainsi, concrétiser l’amour, c’est participer à la construction du Temple, c’est être présent en conscience sur le chantier et faire acte d’offrande au Grand Architecte de L’Univers. Dès le départ, le Grand Architecte de L’Univers s’est servi de la force de l’Amour pour bâtir. L’Amour principiel a été présent dès le départ. En tant que force manifestée, elle est aussi le moteur de nos travaux. Au sein d’une Loge comme au sein de n’importe quel être, l’Amour des Lois de la Vie, indissociable de l’Initiation, est présent.

          Le mot aimant signifiait aussi diamant, manifestation d’une dureté inaltérable. Mais le diamant est également vecteur de Lumière, l’interceptant pour la faire briller au travers de ses facettes. L’Amour est donc Lumière, vibration énergétique.

          Mais cet Amour n’est pas béat. Il est construit encore avec la conviction que chacune de nos actions se font au service de tous, sans arrière-pensée. Maître Eckhart dit : « Le siège de l’Amour, c’est uniquement la volonté. Plus on a de volonté, plus on a d’Amour ». Il faut donc en être convaincu. On peut percevoir alors que l’Amour ne peut pas être l’amour de ceci ou cela. C’est l’amour de l’amour, sans cause, ni but. C’est ce qui meut le ciel et le taureau en est le support ; c’est sur lui que repose l’Univers.

          Cependant, tout ceci ne serait pas possible sans un désir profond de communion. Celle-ci doit dépasser le stade de la simple conscience que seul, nous ne pouvons pas faire grand-chose, et que nous devons prendre conscience de l’engagement total et entier que nous devons avoir avec nos Frères à travers notre communauté initiatique, devenant alors une nécessité vitale. Ce désir de communion devient une dynamique, expression de la force de l’Amour. C’est un feu qui donne aux frères la force d’avancer et de passer toutes les portes.

          Le désir de communion (du latin communio, de cum, « avec », et unio, « union ») désigne l’intention de partager, mise en harmonie en tenue par les frères présents. L’amour qu’elle transmet peut se décliner selon nos cinq sens :

  • Par l’ouïe, on entend l’appel de l’amour, musique des sphères, voix intérieure qui nous a conduits à l’Initiation. Le Viatique d’Apprenti nous dit que « Ayant perçu dans mes ténèbres intérieures une parcelle de Lumière, j’ai désiré la vivre en plus grande conscience ».

  • Par la vue : le regard, la découverte d’une construction, d’un tableau, mais aussi le déroulement d’une Tenue en Loge, nous traduisent le message de l’Amour. L’Amour se voit car il brille de mille feux, voie du cœur-conscience. La vibration lumineuse nous anime et nous met à l’unisson de nos frères. Le regard de l’Amour est un regard de création, passage du regard au voir.

  • Par l’odorat : Il existe un parfum de l’Amour, une odeur perçue dans certains lieux, une odeur de sainteté. On sent et on se sent bien, en harmonie avec les frères et le lieu.

  • Par le goût : il existe une expression qui est « goûter à l’Amour ». Une fois que l’on a étanché notre soif à cette source, il est difficile de s’en passer et on la recherche. Soif d’apprendre, de connaître, qui se traduisent par le travail au sein de la Loge. Les frères accompagnent l’initié dans cette étape primordiale de recherche de l’harmonie. Le désir de communion passe par cet état d’Amour.

  • Par le toucher, véritable communion énergétique entre frères, reconnaissance harmonieuse par les signes, l’accolade et le mot sacré qui recrée ce message d’amour, d’un frère à l’autre. La position des mains sur la table du banquet nous met en contact avec le tableau de loge, moment de partage énergétique, renforcé entre les frères lors de la chaîne d’union où cet Amour unit les frères dans l’espace.

          Ce désir de communion doit être présent et partagé dans toute la Communauté, de l’Apprenti à l’Initié Passé à l’Orient Eternel, pour qu’il fasse Un entre tous les Frères et le Grand Architecte de L’Univers, car il est le seul moyen pour que l’amour soit présent par l’action des frères sur le chantier.

         Chacun est un symbole, et l’assemblage de ces symboles, en communion, fait vivre la langue sacrée et naître la lumière, ce qui permet d’entretenir en permanence le feu secret dans l’égrégore. Cela permet alors de « dépasser nos limites et nos particularismes ».

          La préservation de l’amour fraternel, sur lequel se base ce désir de communion, est étroitement liée à la fonction d’Hospitalier qui a le devoir de l’entretenir. Cette fonction consiste à :

  • Incarner la vigilance fraternelle

  • Développer le feu de la fraternité entre les initiés, et des initiés avec l’Univers

  • Révéler les nourritures célestes par la célébration de l’offrande

  • Faire croître la sensibilité juste et la communion fraternelle

  • Enseigner la noblesse des sentiments

  • Affirmer la qualité d’un amour qui s’exprime par notre sacrifice conscient au Principe Créateur

  • Enseigner aux frères le chemin du don

          Le désir de communion s’exprime sous la forme de l’offrande consciente de notre être au Grand Architecte de L’Univers qui va faire que notre pensée individuelle sacralisée par les rituels va s’inscrire dans la pensée communautaire.

          Notre acte principal est d’être ensemble, quelle que soit la Chambre et le degré auquel nous travaillons, aussi souvent que nécessaire, pour communier dans la fraternité. Et les Vedas précisent : « Quand les hommes arrivent à cela, ils créent une union plus une que l’unité ».


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