Recherche par mot cl
 
 
Qui sommes-nous
|
Quelques concepts fondamentaux
|
La pense traditionnelle face aux courants de la pense moderne

L'Homme Zodiacal
|
L'Initiation
|
Questions/Rponses
|
Chambre du Symbole
|
L'Initiation fminine
|
Bibliographie
|
Nous contacter

 
I.3.c LA COMMUNION PAR LE VERBE (Ouverture d’esprit; engagement; curiosité)

         Les Gémeaux sont représentés par les deux pylônes des temples égyptiens (ou les tours d’une cathédrale) entre lesquels apparaît le Soleil, la lumière qui est une manifestation du Verbe (prologue de St Jean : Le Verbe était la vraie Lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde). Ce sont les deux colonnes entre lesquelles apparaît la lumière divine qui s’incarne par le Maître d’œuvre ; ce dernier fait circuler le Verbe dans le temple pour que la tradition vive, s’actualise, se formule. Le futur Initié voit cette Lumière qui allume sa parcelle de Lumière, et il la reçoit en tant qu’élément créateur d’une nouvelle vie. Il avait attendu cet appel de la lumière, et enfin elle apparaît. Cela lui donne le désir d’avancer, de frapper à la porte du temple pour entrer de plein pied dans le monde de la vie en esprit. Le Verbe n’est pas d’origine humaine mais, pour se manifester, il utilise la Parole, cette parole qui circule lors des différentes tenues et chambres. Le fait que la parole circule nous fait entrevoir que le Verbe est présent, qu’il se manifeste pour toute la communauté et lui permet de communier par lui.

          Mais pourquoi communier par le Verbe ? Le Verbe manifeste le secret, le sacré ; les symboles sont ses lettres, lettres de la langue sacrée. Il est dit dans nos rituels : « Le Mot Sacré étant l’expression du divin, on ne pourra jamais que l’épeler » et « Epeler seul, c’est trahir ; épeler ensemble c’est vivre en communion une langue sacrée ». Communier implique un accord profond entre des personnes vivant dans le sacré, tout particulièrement lors du tuilage rituel partagé avec l’ensemble des frères. La communion crée la communauté et, en jouant avec les mots en langue des oiseaux, le rire étant essentiel dans notre démarche, la « commun ôté » ne laisse la place qu’au sacré et au secret. Une des caractéristiques de notre tradition occidentale est de nous unir par le Verbe qui exprime la pensée divine, source de création. Il se fait chair par la parole qui circule parmi les frères et qui les nourrit ; il est notre matériau de construction, toujours présent quand nous nous unissons à la gloire du Grand Architecte à l’aide des rituels. Sa formulation est la transmission de la tradition. Toute communion hors du Verbe n’est plus initiatique. Ce sont alors toutes les fraternités humaines, respectables mais qui ne peuvent conduire à vivre la spiritualité à sa source. Quand nous rencontrons une loge, nous devons nous demander si elle communie dans et par le Verbe.


          Cette communion se crée par l’ouverture d’esprit. De quoi s’agit-il ? Elle n’a pas ici le sens profane de réalité pensante, ou encore d’aptitude intellectuelle. L’Esprit est le principe de vie, le souffle divin dont nous avons tous une parcelle, nommée esprit, à ne pas confondre avec l’âme qui est purement individuelle et qui anime le corps. C’est la première prise de conscience du « UN qui est ce que nous pouvons percevoir lorsque nous reconnaissons que tout être est porteur d’une étincelle divine ». Mais l’esprit, c’est comme un parachute ; il n’est utile que s’il est ouvert. Cela ne peut pas s’accomplir seul mais avec les autres et pour les autres, dans une communauté. On n’est pas initié par son seul vouloir mais parce que nos frères nous reconnaissent comme tel. Le Verbe est une énergie qui nous parcourt, qui nous traverse et qui permet, en nous rassemblant, de recréer l’Homme Universel. Cette ouverture consiste à regarder, observer, écouter, entendre, apprendre à se détacher de ses certitudes et accepter de remettre en question ses vérités. C’est apprendre à tenir compte des propos du frère, ce qui ne signifie pas de les accepter d’emblée, mais de reconnaître qu’il puisse y avoir des choses que l’on n’a pas envisagées et qui peuvent modifier nos propres pensées.

          Cela ne se réalise que par la perméabilité de l’être, mais aussi de la Communauté initiatique, au feu divin et par la capacité, ultime, de perception de la pensée du Principe. Et cela commence, dans le rituel d’initiation qui nous crée frère, par la réception de l’élément Air ou souffle divin et de l’Eau divine source de nos renaissances. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons nous unir au divin. On ne trouve l’Esprit qu’avec l’esprit, ce qui revient à ne pas l’enfermer jusqu’à le nier comme le fait l’occident depuis quelques siècles en ne parlant plus que de corps et d’âme, deux aspects purement individuels, et même aujourd’hui que de corps. Les anciens Egyptiens l’avaient si bien compris qu’ils pratiquaient, rituellement, l’ouverture de la bouche (sur des statues, des morts ou des initiés) pour laisser la vie divine entrer en l’être. Ils disaient : « Ouvertes sont les portes du ciel, déverrouillées sont les portes du temple ; la maison est ouverte à son maître ». Cela régénère l’usage de la parole et la capacité de comprendre le Verbe, de le mâcher pour en être nourri puis de le transmettre. La bouche est l’organe de la tradition.

          Cela commence par l’ouverture de la bulle de perception, par le renoncement à se replier sur l’introspection et sur une vie intérieure bien confortable mais qui empêche toute communion. Une fois intégré à sa communauté, le frère peut participer à l’ouverture des portes sur l’univers et cela ne dépend que de la qualité de notre communion ; ensuite, seulement et éventuellement, vient l’ouverture des portes vers le monde, comme nous tentons de le faire par le site et les livres.

          Dès le début de la voie, le frère doit se rendre compte qu’il ne faut pas faire obstacle au Verbe en apprenant à contrôler sa parole et ses actes par le silence et l’humilité. Vivre ce silence fait découvrir la Communauté et les frères qui la composent, fait taire toutes les pensées profanes qui nous habitent et permet de nous reconstruire avec et par les autres. Tout ce travail, long et difficile, sur soi-même, n’est pas que pour soi-même, ce qui serait déjà bien, mais qui aurait un intérêt assez limité ; c’est surtout, pour l’autre, le frère. Celui-ci est un miroir qui va nous renvoyer nos pensées et nos propos, et il est un moyen de nous dépasser. Plus largement, l’autre n’est pas que le frère avec qui nous partageons notre démarche, mais aussi l’ami, le collègue, le voisin, et même l’inconnu qui nous accorde un regard.

          L’ouverture d’esprit se fait par le rassemblement des frères qui sont autant de manières de percevoir les mystères de la création. Lors de la chaîne d’union, nous relions le ciel et la terre et nous sommes parcourus par le Verbe. Le temps d’une tenue principielle nous réunissons l’incréé au créé sans pour autant les confondre. Cela permet alors de reformuler le Verbe au travers du langage symbolique par la mise en œuvre des rituels et la glorification du Principe de création. L’Art du Verbe atteint son sommet lors du banquet. Toute communauté doit donc le pratiquer et voir ce qu’il véhicule pour vivre la connaissance des causes, pour percevoir ce qui régit la matière.

          L’ouverture d’esprit s’exprime par la participation au monde dans lequel nous vivons, à la Vie dont nous comprenons alors la profondeur. C’est la fraternité en esprit qui fait que la tradition, vecteur de l’Esprit, peut être formulée. Par ricochet, l’esprit des frères s’ouvre davantage. Il en résulte également un renforcement de la fraternité dans la loge et donc avec l’univers, avec la conscience universelle qui peut ainsi s’enrichir. C’est la voie de la tolérance, dans laquelle une certaine prudence sera de règle afin de ne pas tomber dans une permissivité totale. La tolérance n’est pas l’abandon de la Règle, bien au contraire ; elle en nécessite le respect, pour soi et pour l’autre, ce qui permet alors d’être en communion de pensée. La tolérance, c’est le respect de l’autre au sens le plus profond. Ainsi peut-on s’élever, d’abord intellectuellement, et autant que possible spirituellement. Il ne s’agit pas d’accumuler du savoir pour briller ou dominer son prochain, mais d’enrichir son esprit afin de développer en soi une certaine connaissance, par l’humilité, conscient de nos faibles connaissances, et désireux de les développer.


          Mais il n’y a pas de communion par le Verbe sans vivre un engagement. Pourquoi cela ? H. Hesse (le Jeu des perles de verre) précise : « J’avais remarqué que ce jeu ravissant ne voulait pas de naïfs joueurs du dimanche, mais qu’il accaparait tout entier et attirait à son service quiconque s’y était un jour quelque peu initié ». Et le Livre tibétain de la vie et de la mort ajoute : « Conserver sa liberté de choix et ne jamais nous engager est l’une des illusions les plus graves et les plus dangereuses de notre civilisation, l’un des moyens les plus efficaces de l’ego pour saboter notre quête spirituelle ». L’enjeu est bien de taille et exige de la part de chaque initié que son engagement soit en totale harmonie avec la Règle. La prise de conscience progressive de la nécessité de vivre une règle et de respecter des devoirs semble être ce qui structure le vécu de notre engagement. Il se concrétise lorsque nous décidons d’entrer dans la voie initiatique, instant symboliquement marqué par le serment que nous donnons lors du rituel d’initiation et qui doit s’appliquer en permanence. C’est un engagement avec nous-mêmes, avec nos Frères et avec le Grand Architecte de l’Univers à la gloire de qui nous allons dorénavant placer nos travaux. La mise en œuvre des devoirs initiatiques s’effectue dans l’accomplissement de la volonté du Grand Architecte de L’Univers. Nous sommes entrés dans une démarche de devoirs de réalisation d’un dessein qui nous dépasse, mais que nous savons, ou sentons, essentiel dans la recherche de la Connaissance universelle, ainsi que dans notre accomplissement personnel.

          Mais l’engagement est également la réception et la reconnaissance du gage qui nous a été donné, cette part de conscience, de Lumière qui nous relie au Tout. Communier en esprit et avec les autres, c’est reconnaître cette part de Lumière, la faire vivre et la faire croître. C’est lors de nos serments initiatiques que nous prenons la mesure de ce qui est demandé dans notre tradition. En fait, cela devient une évidence, un juste retour des choses si l’on a bien conscience de la nature et de l’aspect primordial de ce dont nous sommes dépositaires.

          Dès lors, l’engagement est un moteur qui met en mouvement les initiés et les positionne face à la source du Verbe : l’Orient qui est également le lieu de naissance et de régénération de la communauté. La profondeur de l’engagement est l’affaire de chacun, conditionnée par notre personnalité et sera marquée par nos différents vécus. L’essentiel, semble-t-il, réside dans le désir de chacun de mettre en commun notre quête et nos expériences, dans un but commun, celui de faire vivre et rayonner la Communauté. Il est alors ce qui définit l’initié : « C’est un homme qui désire naître en permanence à la vie spirituelle ». Cela donne la force de la communion. L’Apprenti s’engage dès le début de la voie « à vivre en communion avec ses frères » ; cela équivaut à s’intégrer à sa communauté ; il le fait de tout son être et doit veiller à avoir des intentions justes. Plus les frères s’engagent, plus l’union est forte. Il en est exactement de même au niveau de la communauté initiatique vis-à-vis du Principe, du Grand Architecte et de la Veuve.

          En revanche, la permanence de la réalisation de cet engagement est moins aisée. Nous vivons entre la démarche initiatique et l’existence profane, en devant réunir ces deux aspects en permanence. C’est en cela que l’union de ces deux faces de notre réalité par la mise en application de la règle comme par l’action des Mystères, peut nous aider à retrouver l’unité. Cette communion est un réel moteur qui alimente notre désir et l’énergie pour conduire notre démarche initiatique. Si, au début, l’Apprenti ne connaît pas exactement le but, il n’en comprend pas moins qu’il va devoir travailler, réfléchir, sans doute modifier son existence et en tout cas s’élever. C’est vers ce désir d’élévation que nous nous engageons, par foi sans doute au début ; puis, petit à petit, la nature et la profondeur de l’engagement se préciseront. Lorsque les êtres que nous accompagnons font vivre leur étincelle, nous devenons de la même nature : des frères engagés complètement dans la vie d’une communauté initiatique. On peut rapprocher cette fraternité du « Deux qui est le premier stade de toute création, la pleine conscience du deux sublimant notre évolution en une création permanente ».

          Dès lors, l’engagement s’exprime par l’offrande. Les frères, en confrontant leur conscience individuelle, éprouvent leurs paroles, se reconnaissent, puis s’assemblent et forment une offrande au Principe. Ainsi, la formulation permet à la communauté de témoigner du Principe. Pratiquer l’offrande communautaire est le moyen de communier des initiés pour faire le lien entre l’Homme universel et le temple afin que le Principe soit servi et que l’édification du temple puisse se réaliser et soit la demeure éternelle du Verbe créateur. C’est ce qui permet au Premier Surveillant de dire : « Ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes », lors de la clôture des travaux. Il s’agit là d’un travail personnel qu’aucun frère ne pourra faire à notre place, travail indispensable à la transformation de notre existence en offrande à la Vie afin que la communion par le Verbe puisse se réaliser. La fonction d’initié consiste à transformer son existence personnelle en une existence communautaire sans pour autant s’abandonner. Agir de la sorte fait que la communion fraternelle se réalise par le Verbe, pour le Verbe et dans le Verbe. L’engagement est alors nourriture, à la fois essence et substance.


          L’ouverture d’esprit et l’engagement vont pouvoir s’exprimer par une juste curiosité. Ce mot originaire du latin « curiositas » qui signifie « soin », a été déformé par le temps, jusqu’à devenir un synonyme d’indiscrétion. Le mythe d’Icare, qui se noie dans la mer Égée pour s’être trop approché du soleil, illustre les dangers d’une curiosité extrême qui se traduit par une quête inconditionnée de la vérité. Ce n’est bien sûr pas cet aspect d’avidité, d’accaparement qui nous intéresse, mais celui qui porte à apprendre, à s’ouvrir, à connaître des choses nouvelles, autrement dit à prendre soin de notre esprit par une soif de connaissance. Mais il faut bien distinguer ce qui relève du désir profond, du cœur, qui est une soif de connaître, d’entrer dans le Mystère, et ce qui relève de l’envie de savoir comme satisfaction intellectuelle, cérébrale, qui risque d’aveugler.

          L’initié ne se satisfait plus de subir et souhaite vivre pleinement l’instant. Pour cela, la curiosité est la passion, le désir, l’empressement de voir et d’apprendre des choses nouvelles tout en concernant l’autre, celui avec qui nous voulons échanger, car avant d’échanger il nous faut nous découvrir, nous connaître, voire nous reconnaître. Pour Maître Eckhart, les gens réfléchissent trop à ce qu’ils doivent faire et trop peu à ce qu’ils doivent être. Il s’agit d’entrer dans la pensée de ses frères, ce qui est le seul moyen de communier avec eux, d’où l’importance de pratiquer aussi souvent que possible la technique des rapports. C’est l’attrait de l’étrange, de que l’on ne comprend pas. Cela revient à accepter la perplexité, ce qui est incongru, pour bousculer nos habitudes de vie et de perception ; cela nous stimule pour nous adapter et pour affronter l’inconnu que l’on ne doit pas confondre avec l’inconnaissable ; celui-ci relève de l’incréé où nous ne pouvons aller.

          La curiosité est alors un moteur qui permet de demander, de chercher, de frapper aux portes. Car pour aller vers l’invisible, au-delà de ce que l’on connaît, il faut le désirer et accepter le saut dans l’inconnu (cf. l’épreuve de l’Air). Pour l’Apprenti, elle est symbolisée par la marche qui consiste en trois pas dans l’angle d’un carré long. « Cette marche signifie la mise en action d’un désir orienté vers la lumière. Les pas symbolisent la conscience vécue du plan de création ». Elle mène les frères vers le haut et les invite à s’intégrer à la communauté initiatique afin d’en être digne.

          Pour se lancer sur le chemin initiatique, la curiosité est une voix intérieure qui nous attire, qui nous pousse à comprendre que nous pouvons vivre autrement que selon notre ciel de naissance. Elle doit nous animer en permanence en étant une tournure d’esprit qui n’a de cesse de nous conduire au questionnement pour tenter de comprendre. C’est cela qui nous guide sur des chemins qui parcourent un monde complexe, parfois obscur, inhabituel et que notre société ne nous prépare plus à affronter. Notre curiosité nous permet de pousser les portes de ces questions par le travail communautaire et le symbolisme, médiateur vers la compréhension de la réalité du monde transmise par le Verbe.

          Dès lors, la curiosité nous fait nous interroger sur ce qu’il est possible de construire avec ce que le Grand Architecte de l’Univers nous a mis entre les mains et ce que nous avons découvert. Cette construction est communautaire et permet d’explorer de nouveaux espaces de perception. Le Vénérable Maître met en place le plan de travail. Les sujets de recherche dans la loge tournent toujours autour du même thème : l’origine des causes. Nous gravitons autour du centre et nous tentons de le percevoir indirectement en prenant un chemin détourné en spirale pour tenter de s’en rapprocher. Le Maître de la Loge propose à la communauté d’ouvrir son esprit face au plan pour commencer la construction de l’édifice dont la forme n’est jamais pré-établi. Il est celui qui propose à la communauté d’être curieux face aux sujets de recherche pour que l’élévation qui en résulte amène à une concrétisation du Verbe.

          Seule la vie au sein d’une communauté peut nous éviter de tomber dans le piège d’une curiosité malsaine qui nous perdrait. Par son intégration au sein de la Loge, le frère peut avancer sur le chemin où les perceptions qui lui seront données se feront au fur et à mesure de sa compréhension. La curiosité se manifeste vers le sacré et le secret. Elle doit traduire une soif et une faim qu’il satisfera à la table du banquet. Elle est bien une ouverture permanente à la découverte orientée vers l’accomplissement de la volonté du Grand Architecte. Ce désir a d’ailleurs évolué. Nous sommes entrés en initiation au moins en partie pour combler un intérêt personnel de découverte qui pouvait être teinté d’amélioration de l’humanité, mais nous avons orienté cet intérêt au service de la Communauté Initiatique pour qu’elle accomplisse son œuvre dans la recherche de la réalisation de l’Homme Universel.


          L’ouverture d’esprit, l’ouverture aux autres, l’engagement et la curiosité semblent nécessaires pour apprendre à exprimer le Verbe, ce qui peut nous permettre de vivre une profonde communion afin de peut-être un jour formuler la Tradition.


<<Retour

<<Accueil | Nous contacter | ^ Haut de page